Lettres à Sluart Mill, p
Stuart Mill, qui avait fait un an auparavant des offres personnelles, trouva très vite six raille francs, et annonça à Auguste Comte que la perle de son traitement serait couverte par MM, Grole, Molesworth et Raikes Currie. Comte accepta sans élonnement et avec une parfaite simplicité ce secours philosophique, et lorsque, en 1845, les trois Anglais refusèrent de le renouveler, il écrivit à Stuart Mill une très longue lettre pour lui prouver que le subside aurait dû être perpétuel et que les trois Anglais qui l'avaient obligé, manquaient à un devoir social. « Chacun, disait-il, devant subir la responsabiUté de ses actes volontaires, j'ai donc acquis le droit de blâmer moralement tous ceux qui, refusant de diverses manières leur juste intervention, ont sciemment concouru à laisser un consciencieux philosophe lutter seul contre la détresse et l'oppression, de manière à consumer par des fonctions subalternes tant de précieuses journées de sa pleine maturité, qui devrait rester consacrée tout entière à une libre élaboration dont l'importance n'est plus contestée'. » Plus loin, il prend soin de distinguer la reconnaissance personnelle qu'il doit aux Anglais qui l'ont secouru, et au ministère français qui l'a vainement protégé contre l'École, des exigences légitimes qu'il peut faire valoir au nom de samission, etil ajoute : « M. Auguste Comte, ancien examinateur pour l'École polytechnique, doit à cette double influence une intime gratitude personnelle qu'il lui sera toujours doux de proclamer; mais l'auteur du S//sthn(' de Phi/oso/thic positive ne pourra se dispenser de signaler convenablement au public impartial un double abandon qui devient aujourd'hui le complice d'une iniquité notoire". »
Pendant les trois années qui suivirent, le déficit fut comblé tant bien que mal par des emprunts que Comte fil à ses amis, mais ces ressources ne pouvaient durer et c'est alors