‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 10 sur 213 · Pinel, Traité philosophique de l'aliénation mentale · texte numérisé non relu

Pinel, Traité philosophique de l'aliénation mentale

ni sensations, ni sentiments de besoins physiques; 2° la stupidité, où l'on trouve quelques perceptions et au moins quelques sentiments de besoins physiques; 3° la bêtise, se distinguant des deux états précédents par quelques fragments d'intelligence, et notamment par la possibilité de parler.

Quant à l'imbécillité, elle a un caractère inverse, c'est-àdire qu'elle affecte des individus qui ont eu leur raison et qu'elle va toujours en s'aggravant.

Les deux premières catégories n'ont guère lieu d'être séparées, et correspondent à la première classe de Dubois d'Amiens ; la troisième, insuffisamment désignée sous le nom de bêtise, correspond à l'idiotie simple, à la seconde classe de Dubois d'Amiens; enfin ce qu'il désigne sous le nom d'imbécillité, c'est la démence, car l'imbécillité est tout aussi congénitale que l'idiotie, et ne va pas forcément en s'aggravant.

Henke admet trois catégories : stupidité, imbécillité, bêtise, qui paraissent correspondre a l'idiotie profonde, incurable, à l'idiotie simple curable, et à l'imbécillité.

Spielmann admet trois degrés aussi : les idiots apathiques, les stupides et les imbéciles.

Hoffbauer en admet cinq variétés.

Morel ' fait trois degrés : le simple d'esprit, l'imbécile et l'idiot. L'étendue des facultés intellectuelles et surtout du langage forme la base de cette classificalion. Remarquons que la première catégorie des simples d'esprit constitue ce qu'on appelle aujourd'hui les débiles qui sont de simples dégénérés et ne rentrent pas dans notre cadre. Quant à l'idiot, il présente évidemment plus d'une variété.

Belhomme 2 critiquant la division de Dubois d'Amiens,

i. Morel, Traité des mal. mentales.

2 Belhomme, loc. cit.

dit : « Il est évident que ce cadre est trop rétréci et ne donne pas toutes les nuances de l'idiotie. En effet, prenons la première classe de M. Dubois d'Amiens. Dans celle-ci se rangeraient l'idiot complet et l'idiot incomplet. Le premier n'a pas même le sentiment de sa conservation : on est obligé de le nourrir, sinon il mourrait de faim; le second conserve encore le sentiment très limité de son existence et mange comme une brute, voilà tout. Il en sera de même pour les imbéciles. Il est une nuance, celle dans laquelle l'individu n'obéit qu'à ses instincts, au besoin des organes et à l'habitude; mais il n'y a rien d'intellectuel. A un degré supérieur, il y a quelque acte intellectuel; l'imbécile est susceptible d'actes manuels que l'éducation peut perfectionner. Enfin le premier degré d'imbécillité est celui dans lequel l'individu agit et raisonne comme tout le monde, est éducable, mais ne peut arriver au degré intellectuel auquel parviennent le commun des hommes. Ces cinq catégories me paraissent donc essentielles à admettre et je maintiens encore aujourd'hui cette classification comme importante à l'explication de l'idiotie. Il me paraît d'ailleurs nécessaire de bien limiter les nuances où il y a chance d'éducation, si l'on veut fructueusement appliquer les principes du développement intellectuel, car ce serait en vain que l'on voudrait faire naître ce qui n'existe pas. »

Félix Voisin ' donne les divisions suivantes : « lre Catégorie. — Idiotie complèle, rarement abrutissement complet. Aucune force interne ne les sollicite à l'action, et aucune impression du dehors ne vient leur communiquer la vie. Tout se réduit à une existence végétative. La respiration et la digestion sont les deux seules fonctions ap-

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