Félix Voisin, loc. cil
parentes. Rien de ce qui peut donner une idée de l'animal ou de l'homme n'apparaît chez aucun d'eux.
« 2e Catégorie. — Dans la seconde je crois devoir placer les idiots moins maliraités par la nature, mais cependant singulièrement dangereux pour eux-mêmes et pour la société : ce sont ceux dont les penchants inférieurs sont complètement et fortement développés, tandis que les facultés intellectuelles et les sentiments moraux sont à peine ébauchés dans leur constitution. Je veux parler de l'idiotie qui atteint partiellement l'ensemble de nos facultés. Je m'explique par la simple exposition, traduction et interprétation des faits que j'ai chaque jour sous les yeux. Ainsi l'idiot de cette espèce aura les penchants conservateurs de l'espèce humaine, mais il ne les aura pas tous; un, deux ou trois lui feront défaut. Il possédera également les sentiments moraux, mais l'un ou l'autre de ses attributs supérieurs manquera dans sa tète. Il se fera remarquer aussi par ses facultés intellectuelles et perceptives; mais le nombre n'en sera pas complet et on ne pourra non plus le placer, sous ce dernier rapport, au niveau d'une organisation commune. Son idiotie, regardée jusqu'à présent d'une manière si vague, si banale et si générale, se compose donc d'idioties partielles qui le frappent dans chaque ordre de ses facultés. Ce sont particulièrement ces idiots qui, sous le rapport des facultés de tout ordre qui leur restent, peuvent aisément succomber aux excitations extérieures et peuvent aisément aussi répondre à l'instruction et à l'éducation qu'on leur donne, toujours néanmoins dans la mesure de leur capacité naturelle, car l'éducation et l'instruction ne créent pas les facultés fortes ou faibles, il faut qu'elles existent pour que les instituteurs puissent, à force de patience et de soins, en tirer le parti le plus avantageux à l'individu comme à l'ordre social.
« 3e Catégorie. — Enfin, au-dessus de ces idiots, s'en trouvent quelques autres qui se rapprochent davantage encore de lhomme ordinaire, quoique bien ostensiblement privés de quelques facultés supérieures (comparaison et causalité). Leurs sensations fugitives, leurs sentiments vagues, leurs penchants indéterminés, la marche irrégulière de leurs idées, la facilité avec laquelle ils s'excitent, leur parler en phrases hachées ou par substantifs et par verbes lorsqu'ils éprouvent diverses émotions, tout fait également sentir pour eux la nécessité d'une instruction et d'une éducation spéciales. Ces sujets, que l'on désigne ordinairement dans le monde sous le nom d'imbéciles, doivent autant que possible être mis dans l'impossibilité de nuire ou de compromettre l'état social. »
Quoique un peu long, nous avons tenu à donner ce passage en son entier, car celui qui l'a écrit est, à notre sens, un des hommes qui ont eu les vues les plus justes sur l'idiotie et l'imbécillité.
Griesinger ' admet deux degrés seulement : 1° les cas graves dans lesquels l'intelligence est nulle; 2° les cas légers où il y a simplement faiblesse intellectuelle. Classification évidemment insuffisante. Toutefois, dans un autre passage de son livre, il dit : « Dans tous les cas d'idiotie, on peut facilement distinguer deux formes fondamentales qui, à leurs degrés extrêmes, diffèrent essentiellement entre elles, mais qu'il est souvent assez difficile de préciser quand la dégénérescence est peu profonde. Ce sont la forme apathique (torpide, stupide), et la forme agitée, versatile». Cette subdivision, basée sur une observation clinique parfaitement exacte ne saurait cependant suffire pour une classification générale