Kussmaul, loc. cit
miiation est si développé, et que c'est grâce à cet instinct qu'on peut arriver à l'éduquer. Il s'en faut de beaucoup, avons-nous vu, que cet instinct d'imitation soit aussi fort. Pour imiter, il faut prêter attention et être capable de reproduire ce qu'on a vu. Or, chez l'idiot non éduqué, l'attention est rudimentaire ou nulle. Comment serait-il porté à imiter des sons qu'il n'a pas entendus faute d'attention.
C'est souvent même cette impossibilité de fixer l'attention qui produit ce que Griesinger1 appelle le mutisme idiotique, dont il distingue deux variétés. Il y en a certainement au moins quatre : mutisme par absence d'idée, mutisme par impossibilité centrale de les exprimer, mutisme par défectuosité des organes vocaux, mutisme par suite de surdité ou de pseudo-surdité.
Séguin2 pense que le mutisme résulte de deux causes presque toujours confondues en lui, mais qu'il est nécessaire de combattre isolément : l'incapacité physiologique de diriger les organes de la parole, et le défaut d'intelligence. II combat ridée de Griesinger et d'Esquirol que beaucoup d'idiots sont muets parce qu'ils n'ont rien à dire. Il en est qui sont incapables de parler mais savent exprimer par gestes leurs désirs et leurs besoins.
On pourrait peut-être, à notre avis, rapprocher ces troubles de la parole de l'aphasie et distinguer des aphasiques moteurs et des aphasiques par surdité verbale, les causes qui empêchent la parole dans les organes vocaux étant éliminées.
Dans le premier cas nous avons affaire à des idiots qui ne peuvent pas parler, tout en comprenant à peu près ce qu'on