TROUBLES DU LANGAGE
est entravée, dit K-ussmaul. C'est dire qu'il est impossible de fixer une marche spéciale au développement des diverses voyelles, consonnes et diphtongues chez les idiots, non plus d!ailleurs que chez les enfants ordinaires.
D'après Kind', les personnes atteintes d'idiotisme acquis sont quelquefois des bavards à outrance et cela dans deux circonstances : 1° chez les sujets qui ont acquis un certain degré de culture avant de tomber malade, les mots se déroulant alors mécaniquement de la façon la plus confuse sans que pour cela les idées se combinent ou que, contrairement à ce qui se passe dans la logorrhée des aliénés atteints de désordre dans les idées, elles ne se groupent autour d'une idée principale qui perce à travers la folie ; 2° chez certains sujets dont les idées ] roduites par l'excitation d'un sens sont si peu fixes, qu'à chaque instant un changement d'excitation fait surgir une nouvelle idée avec un nouveau mot. Le deux états peuvent aussi coïncider ensemble. — Pour les dysphasies et des lalopathies que peuvent présenter les idiots, nous résumerons le travail de "Wildermuth*. Cet auteur dislingue deux cas :
4° Cas où le trouble de la parole est l'expression directe du trouble intellectuel. Depuis l'idiot complètement muet jusqu'à l'arriéré capable d'éducation, le trouble de la parole correspond au cercle étroit de la conception de ces êtres. Ils manquent d'un bagage de mots richement fourni, et l'association rapide est défectueuse. On y rencontre d'abord des exemples en grand nombre chez lesquels le degré auquel est restée la vie psychique et son expression principale, le langage, a son analogue dans les étapes que l'enfant normal doit parcourir pour son développement intellectuel et verbal.
1. Kind. Uid'Otisme et les asiles d'idiots, in Schmidts Juhrb, 1862.
2, WiUermuthj lot. cit..
Au degré le plus inférieur, l'idiot ressemble à un enfant dans la première semaine de la vie ; c'est un automate végétatif, réflexe; à un degré plus élevé, on a sous les yeux un enfant d'un an et demi à deux ans qui émet des onomatopées monosyllabiques, puis le bagage verbal progressant, on constate plutôt un défaut de syntaxe et de grammaire, un langage de bébé tel que celui d'un enfant de deux à trois ans. Les verbes ne sont mis qu'à l'infinitif; le personnage ne parle de lui qu'à la troisième personne ; mais il est capable d'écrire correctement mots et vocables; il fait des imitations puériles de ce qui se passe autour de lui ; incapable d'éducation, il en impose au pronostic (imbécillité congénitale). Dans ce groupe se rangent encore les défectuosités qui rappellent plutôt l'incertitude d'un adulte apprenant à parler une langue étrangère (parole et articulation correctes, mais désignations adverbiales fausses, pléonasmes, parapbrases, confusion de mot à peu près semblables), l'impossibilité de prononcer correctement (zézaiement des arriérés) ; les dysphasies qui tiennent à une anomalie dans le débit de la conception (parole traînante et élocution abondante avec cbangement constant de sujets comme chez le maniaque ou le fou systématique (idiots et microcéphales avec répétition des dernières syllabes), tous faits avec pronostics défavorables.
2° Cas où les troubles de la parole sont, non pas la conséquence directe, l'expression de l'arrêt morbide de la vie conceptuelle, mais une complication de l'idiotie. Il y a d'abord les dislalies mécaniques, trouble d'articulation très répandu chez les idiots ; le balbutiement sert en même temps de transition entre les deux groupes. Puis viennent des imperfections dans l'émission de certaines syllabes, déchets également inévitables dans le développement de la parole