Wildermuth, loc. cit
19 i PSYCHOLOGIE DE L'IDIOT ET DE L'IMBÉCILE
aussi quelquefois chez eux de l'onomatomanie au même litre que divers autres stigmates psychiques, et des délires passagers à forme d'agitation maniaque, avec loquacité excessive, récitation de chants ou de moi'ceaui appris autrefois, mais ordinairement plus incohérents dans les actes que dans les paroles.
LTne autre forme du langage est la lecture. Ce sont là les images verbales visuelles qui sont en jeu. — Elle présente encore plus de difficultés à apprendre que la parole.
Naturellement, chez les idiots incurables, il n'y a pas lieu d'y songer. A un degré plus élevé, ils arrivent à apprendre les lettres, à assembler quelques syllabes, mais non à lire véritablement en comprenant ce qu'ils lisent. Ils n'ont pas d'initiative et disent la lettre qu'on leur désigne, mais ne la nomment pas spontanément.
L'idiot éducable arrive très difficilement à distinguer ses lettres, mais il y arrive. Il lui faut passer quelquefois plusieurs semaines sur la même lettre; on le retrouve toujours prêt à revoir la même lettre qu'il ne peut retenir. On arrive plus vite en se servant de lettres mobiles en bois. Il considère alors la lettre comme quelque chose de réel, d'existant, et cela convient mieux à ses facultés. Il faut remarquer en eflet que plus encore quo l'enfant, l'idiot transforme toujours l'abstrait en concret. Aussi en est-il qui savent très bien reconnaître toutes les lettres de l'alphabet de bois, à la rigueur même de l'alphabet imprimé et qui sont incapables de les reconnaître dès qu'elles sont modifiées d'une façon marquée. Ils reconnaissent dans leurs letlres un objet qu'on les a habitués à appeler d'un certain nom. Ils n'ont pas saisi la notion abstraite de lettre, et dès qu'ils n'ont plus le même aspect, ils ne le reconnaissent pas.