‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 119 sur 213 · ECRITURE · texte numérisé non relu

ECRITURE

comme chez ceux qui savent à peine écrire, mais un mouvement automatique comme celui de la marche, de la danse ou tout autre exercice nécessitant une combinaison de mouvements. Or, nous avons vu que, chez les idiots, la coordination des mouvements est très dificile à obtenir, quelquefois même impossible. Idiots et imbéciles sont toujours maladroits, au moins en général. Les impressions peu intenses, peu précises chez les premiers, le défaut d'attention chez les seconds rendent difficile de leur apprendre les mouvements associés un peu délicats. Il faut donc s'attendre à trouver chez eux une écriture encore plus défectueuse que la lecture.

D'autre part, récriture se modifie considérablement avec l'âge, c'est-à-dire avec le caractère. Assez semblable chez les jeunes sujets et chez ceux qui savent peu écrire, on la voit se caractériser, s'affirmer, acquérir une indépendance telle qu'aucune écriture courante n'est identiquement semblable à une autre, fût-elle du même type. Les modifications de l'écriture suivant les caractères, les tendances du moment même, ont été la base de la graphologie qui, lorsqu'on ne la pousse pas trop loin, lorsqu'on ne lui demande pas plus qu'elle ne peut donner, lorsqu'on veut s'en tenir aux grandes lignes, est fort intéressante et relativement assez exacte. C'est ainsi qu'appliquée aux aliénés, elle peut rendre des services au point de vue du pronostic. Il est en tous cas certain qu'il existe une relation constante entre le caractère, le sentiment d'un homme et son écriture.

Etant donné que le caractère de l'idiot est très peu marqué, que ses sentiments sont très rudimentaires, il faut s'attendre à ne pas plus trouver que pour la lecture, de l'expression et de la fermeté dans son écriture.

Il en est de l'écriture comme de la lecture. Il y en a qui sont agraphiques et d'autres qui ont de la cécité verbale. Il

en est en effet qui ne peuvent jamais écrire et d'autres qui, pouvant écrire, sont incapables de se relire.

L'idiot, en général, ne peut arriver que très difficilement à former ses lettres. Les premiers signes qu'il trace sont des signes qui rappellent plus ou moins la forme d'un G (pi. I).

L'idiot simple fait éternellement le même signe. Il ne regarde même pas son modèle. On le lui fait regarder, il le reproduit mais le perd de vue et s'en éloigne de plus en plus pour en revenir au signe qu'il préfère. 11 arrive à écrire, mais ne fait que reproduire un modèle qui n'a aucun sens pour lui (cécité verbale).

Il en est qui écrivent assez lisiblement et qui cependant sont incapables de syllaber.

Ils aiment beaucoup à imiter les caractères d'imprimerie. Pour les obliger à respecter le modèle qu'on leur donne, il faut leur diriger la main pendant très longtemps et ce n'est qu'à force de la diriger que cette main arrive à imiter le modèle. Nous trouvons là cette difficulté à retenir les mouvements associés dont nous parlions plus haut. Ce n'est cependant pas tant en ce cas l'attention qui leur manque que la faculté de comparaison. L'idiot ne voit pour ainsi dire pas par où pêche la lettre qu'il vient de tracer. C'est la lettre o qu'il aime le mieux à former et forme le mieux quand elle est isolée. Dans le corps d'une syllabe, il a tendance à ne pas former la boucle en haut.

Berkhan' a examiné l'écriture de soixante-quatre petites filles affectées d'idiotie partielle. Chez vingt, l'écriture se rapportait à un même type. Quand le trouble était peu marqué, Tune ou l'autre lettre d'un mot était oubliée et remplacée par une autre lettre, ou les mots étaient défigurés

i. Berkhan, Balbutiement écrit chez les idiots, Arch. f. Psych., xvr.

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