‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 133 sur 213 · Charpentier, Annales médico-psychologiques · texte numérisé non relu

Charpentier, Annales médico-psychologiques

le lundi, il en est qui en seront incapables. Leur mémoire, très inégale du reste, ne peut donc leur servir en rien. S'ils apprennent quelquefois relativement assez vite, ils oublient de même. Aussi les idiots peuvent-ils se maintenir très longtemps au même point de développement une fois atteint, tandis que si on abandonne tant soit peu les imbéciles à eux-mêmes, ils oublient généralement tout avec une rapidité extrême. L'éducation des idiots curables est donc, sous un certain rapport, plus profitable que celle des imbéciles.

Ces matériaux acquis par les sens et le langage, conservés, et reproduits par la mémoire, seraient peu de chose si l'on n'en tirait pas parti pour raisonner et juger, c'est-à-dire faire œuvre d'intelligence. Mais ces deux actes mentaux nécessitent, pour se produire, des opérations préliminaires. Ces opérations sont la comparaison qui nous fait apercevoir les ressemblances et les différences des choses: l'association des idées, laquelle se fait par contraste, par ressemblance ou par contiguïté. Nous pouvons, par la comparaison, nous élever de l'idée concrète à l'idée générale et à l'idée abstraite, et c'est en associant ces idées ensemble que nous pourrons raisonner et juger en dernier terme. Gomment ces diverses opérations se passent-elles chez l'idiot ? C'est ce qu'il nous faut maintenant examiner.

Baini, considère comme la première condition de la comparaison et du jugement la distinction des différences entre les choses; c'est le discernement : «L'esprit a pour point de départ le discernement, dit-il. La conscience de la différence est le commencemeut de tout exercice de l'intelligence. » Il reconnaît du reste aussi que la faculté de constater les res-

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