ASSOCIATION DES IDÉES
à intervalles égaux : il règle même sa marche sur la cadence qu'il donne à ces cris. Dès qu'il entend un son quelconque, un bruit musical, il accourt, sa physionomie ne change pas, son regard est fixe. Si on veut le faire partir, il hausse les épaules et frappe du pied. Un autre enfant, quand la fanfare joue, bat la mesure en balançant son corps d'avant en arrière. Cale... écoute avec intérêt des vers de Victor Huço qu'il ne peut comprendre. J... aime à entendre lire des personnes qui cadencent leur lecture.
« L'association, dit Pérez1, fait l'unité de notre existence mentale en établissant un lien naturel entre tous les faits divers qui les composent, et c'est à elle qu'il faut s'adresser pour former les habitudes, le jugement, le caractère, la moralité de l'enfant. »
Griesinger 2 attribue au défaut d'association des idiots leur indifférence et leur nonchalance, et non sans raison. « Plus le degré d'idiotie est faible, dit-il, plus les idées sont nombreuses, plus aussi l'individu est susceptible de jugement et de détermination. Toutefois, il ne possède pas encore cette promptitude d'association et de combinaison des idées qui fait que le travail d'abstraction se produit sans effort et sans fatigue, à moins d'être longtemps prolongé. L'esprit ne réagit que très lentement. Encore faut-il que les impressions soient fortes. De là vient l'indifférence des idiots pour beaucoup de choses du monde extérieur et leur nonchalance, leur insouciance perpétuelles.
L'association des idées n'a pas seulement pour but d'éveiller une idée analogue ou contraire dans l'esprit, mais aussi et surtout de produire un raisonnement dont l'aboutissant sera un jugement soit général, soit particulier. C'est