‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 139 sur 213 · Griesinger, loc. cit · texte numérisé non relu

Griesinger, loc. cit

évidemment là le but même de l'intelligence que de juger, et si, en définitive, les idées surgissant par association n'y menaient pas, il n'y aurait dans l'esprit qu'une succession d'idées particulières reliées entre elles, mais dont ne se dégagerait aucune idée générale qui, elle, est la source de déductions, de nouvelles associations encore plus nombreuses, et la base même de nos connaissances.

Mais le jugement n'est pas toujours la résultante d'un raisonnement. Pour qu'il y ait raisonnement, il faut qu'il y ait obstacle à l'évidence immédiate. Autrement, si l'évidence est ou parait absolue, il y a simplement jugement, exact ou erroné. Le jugement immédiat n'est en somme que l'énoncé de l'impression produite dans l'esprit par l'objet considéré.

La justesse, la promptitude, la fermeté, sont autant de qualités du jugement. Ces qualités résultent de la force de l'attention, qui permet de saisir toutes les conditions de l'objet sur lequel doit se formuler le jugement. La promptitude vient de la rapidité d'impression produite sur le cerveau, et la fermeté, de la netteté et 'de la précision de cette impression. Or, chez l'idiot, l'attention, la rapidité et la netteté de l'impression sont singulièrement affaiblies comme nous savons. Ne soyons donc pas surpris de trouver un jugement des plus défectueux.

Au pointdevue de la justesse d'abord, les idiots jugent ordinairement très faussement. Leur attention difficile à fixer, incapable de s'attacher simultanément aux nombreuses qualités d'un objet, ne leur permet de saisir que des qualités grossières. Le jugement le plus simple, n'est qu'un discernement de perceptions, et ensuite, une association d'images accompagnée de croyance. Capables seulement d'associations très simples, il en résulte des jugements absolument erronés. Toutes les illusions des sens, lesquelles ne

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