‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 28 sur 213 · V. — ETIOLOG1E · texte numérisé non relu

V. — ETIOLOG1E

(Nous n'avons pas à insister sur ce chapitre pour l'étude qui nous occupe).

Notre but n'étant pas de faire de la critique, nous ne nous attarderons pas à montrer ce qu'il peut y avoir d'artificiel dans l'ordre de ces deux cadres, nous voulons seulement faire observer que, fort utiles sans doute pour étudier le caractère d'un idiot pris en particulier, ils ne sauraient nous donner la marche à suivre pour connaître la psychologie générale de l'idiotie, pour montrer quelle est sa caractéristique.

Cette psychologie générale a cependant été ébauchée par Séguin, qui y consacre trois pages à peine et arrive à cette singulière conception de montrer tout ce que l'idiot n'est pas, et en fait une description en quelque sorte négative, au lieu

d'en donner un portrait positif et d'indiquer tout ce qu'on rencontre chez lui d'anormal, et à quel développement s'y voit ce qui est normal.

Ses conclusions ne sont cependant pas dénuées d'intérêt, et cette psychologie à rebours nous montre certains points qui servent à faire ressortir la différence de l'idiot et de l'homme normal. Pour Séguin, c'est dans la volonté qu'il faut chercher la caractéristique de l'idiot. Nous avons déjà dit ce que nous pensions de cette opinion. Nous y reviendrons tout à l'heure ; mais qu'il nous soit permis d'abord de citer tout au long le passage de Séguin.

« Ce qui manque à l'idiot, ce n'est donc :

«l°Nila perception distincte, car il en fait preuve quand il distingue du pain d'avec tout autre objet, etc., etc.;

« 2° Ni la sensation interne, quand il savoure ou rejette un aliment, ferme les yeux à la vue d'un objet, ou écoute avec plaisir de la musique;

«3° Ni la sensation externe, quand il se brûle, a froid, chaud, et éprouve des sensations correspondantes aux modifications qu'impriment les principaux modificateurs externes de l'état d'être humain;

« 4° Ni l'attention, quand il fixe son esprit et ses désirs sur les choses ou sur la seule chose qui lui soient agréables ;

« 5° Ni la comparaison, ni le jugement, quand il compare et choisit entre plusieurs objets celui qui lui plaît le mieux;

ce 6° Ni l'entendement propre, quand il subit l'influence morale des paroles douces ou sévères qui s'adressent à lui ;

ce 7° Ni la prévoyance pour ses besoins, car si limitée qu'on la suppose, elle est réelle et pousse son esprit peu hâtif à la satisfaire;

« 8* Ni les appétits, car ils ne sont ni moins impérieux ni moins exigeants que les nôtres, quoique moins nombreux,

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