‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 43 sur 213 · M0TIL1TE · texte numérisé non relu

M0TIL1TE

quand il dit que tous les symptômes repoussants de l'idiotie sont le fait d'habitudes vicieuses et non le fait de la nature; mais au point de vue de leducation, ce qu'on doit mettre en relief comme il le fait, c'est le rôle essentiel de la répétition patiente des mêmes notions, des mêmes impressions, de l'habitude en un mot chez les idiots. C'est ainsi qu'il cite des idiots sachant sauter et faire de difficiles exercices de gymnastique et qui ne savent pas mettre leurs bas ni lacer leurs souliers. L'habillement est une véritable gymnastique et qui demande beaucoup de précision .. C'est par elle qu'on doit, commencer l'éducation des mouvements combinés.

Avant de passer à l'étude des mouvements volontaires, disons un mot des gauchers et des droitiers. Ireland a trouvé que la proportion des gauchers chez les idiots est la même que chez les autres enfants, 12 0/0. Mais tandis qu'il y a 88 0/0 de droitiers purs chez les enfants, il n'y en a que 72 0/0 chez les idiots, soit 16 0/0 d'ambidextres. C'est là une particularité qu'on relève également chez les criminels et qui montre les analogies qu'on cherche à établir aujourd'hui entre le crime et la dégénérescence.

Quoique la motilité ne rentre pas strictement dans notre sujet, nous devons cependant en parler à cause des rapports qu'elle présente avec le développement intellectuel. En règle générale, en effet, tous les enfants arriérés au point de vue intellectuel, le sont aussi sous le rapport de l'évolution organique tout entière et en particulier pour trois choses : les dents, la marche et les fonctions sphinctériennes. Dans toutes les observations d'idiots on note un retard plus ou moins marqué de la marche qui ne commence qu a dix- huit mois, deux, trois ans, quelquefois plus tard, quelquefois jamais. Tantôt cette impotence vient d'une faiblesse musculaire

réelle des membres inférieurs, tantôt de paralysies véritables, mais le plus souvent de l'inaptitude des enfants à apprendre les mouvements spéciaux de la marche, lesquels, comme on sait, avant de devenir automatiques sont d'abord volontaires et peuvent être désappris comme cela s'observe dans l'abasie.

A côté de la marche qui est toujours retardée, on note aussi que l'enfant n'accomplit que très tardivement, ou même jamais, les actes les plus nécessaires à l'entretien delà vie, tels que de porter les aliments à sa bouche avec les mains, et à plus forte raison avec une fourchette ou une cui lier. Il existe chez eux une sorte d'incoordination motrice, qui est normale, du reste, chez tous les enfants à un certain âge, mais qui, par l'exemple et l'éducation disparait pour faire place à la coordination volontaire, tandis que chez les idiots, cette coordination n'apparaît que beaucoup plus tard, la volonté et l'attention étant à peine développées. De plus la mémoire étant très faible, celle des mouvements associés et coordonnés est elle-même fort imparfaite, ce qui rend leur éducation beaucoup plus difficile encore et plus lente. Les mouvements instinctifs eux-mêmes n'apparaissent que tardivement ; tels ceux de la physionomie. Nous les laisserons de côté pour le moment, nous réservant d'y revenir quand nous traiterons des émotions et des sentiments, et de leur expression chez les idiots.

Il nous reste un dernier ordre de sensations à examiner : ce sont les sensations organiques. Chez l'individu normal, elles sont ressenties dans deux cas, dans l'état de besoin, et dans l'état de maladie. Parmi les sensations organiques, la faim et la soif sont les deux plus indispensables pour l'homme. On ne saurait en effet concevoir la possibilité de l'existence

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