Ribot, loc. cit
Tétat de nature, pour l'animal et pour l'homme, la possibilité d'attention spontanée est un facteur de premier ordre dans la lutte pour la vie. Dès que, par des causes quelconques qui se sont produites en réalité, puisque l'homme est sorti de la sauvagerie (disette de gibier, densité de la population, sol ingrat, peuplades voisines mieux aguerries, etc.), il a fallu ou périr ou s'adapter à des conditions dévie plus complexes, c'est-à-dire, travailler, l'attention volontaire est devenue, elle aussi, un facteur de premier ordre dans cette nouvelle forme de la lutte pour la vie.... L'attention est donc née sous la pression du besoin, et avec les progrès de l'intelligence. Il est facile d'établir que, avant la civilisation, l'attention volontaire n'existait pas ou n'apparaissait que par éclair, pour ne pas durer. » Eh bien! il en est ainsi chez les idiots, et de même que l'on peut constater la succession du règne de l'attention volontaire à celui de l'attention spontanée, de mêmeonpeut observer ces deux stades chez les idiots simples, ceux du dernier degré étant trop imparfaits pour pouvoir entrer en comparaison avec Thomme.
Mais l'expression la plus concrète, la plus saisissable de l'attention volontaire, c'est le travail. Le sauvage est un être indiscipliné et paresseux auquel tout travail répugne. Chez les nations civilisées, il est également des individus indisciplinables et incapables de tout travail, comme les vagabonds, les prostituées, toute la catégorie si nombreuse des récidivistes. On peut y ajouter les idiots, et la plupart des imbéciles qui fournissent de nombreuses recrues aux prisons quand on n'a pas la faiblesse de les considérer comme irresponsables, et sous ce prétexte, de n'en débarrasser la société qu'en lui faisant porter les frais de leur entrelien pendant le reste de leur existence, en prenant pour eux plus de soins qu'on n'en prend pour nos soldats, en ne les forçant pas enfin