‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 59 sur 213 · SOMMEIL · texte numérisé non relu

SOMMEIL

d'après cela, que les idiots dont le système nerveux est celui qui fonctionne le moins de tous, n'ont besoin que de peu de sommeil pour réparer l'énergie dépensée. Il n'en est rien. Chez les individus normaux, il est à remarquer que ce sont ceux dont le système nerveux travaille le moins, qui dorment le plus et le mieux, tandis que ceux qui ont pour besogne ordinaire des travaux intellectuels dorment moins longtemps et moins bien, la cérébration inconsciente étant chez £ux très développée . D'autre part , plus on prend l'habitude de dormir, plus on dort. Bien que ces faits soient en apparence paradoxaux et montrent qu'il faut chercher la cause du sommeil ailleurs que dans le besoin de l'organisme de se reposer, on est cependant forcé de reconnaître leur réalité. On ne sera donc pas étonné de voir les idiots les plus profonds, qui semblent plongés tout le jour dans une sorte d'assoupissement, dormir parfaitement toute la nuit. On observe cependant quelquefois des insomnies prolongées chez les idiots, ainsi que M. Bourneville en cite un exemple f. Il s'agit d'un enfant, Napoléon M.., âgé de sept ans, placé à Bicêtre. Vers deux ans et demi ou trois ans, il est resté huit mois sans dormir. La nuit il se levait de son berceau, se promenait dans la chambre, tirait sur les draps, les cordons qu'il trouvait en poussant des « gehein ! » Dès que ses parents l'avaient recouché, il se relevait. Il ne voulait pas être couvert. Sa mère était très contente quand il dormait une demi-heure dans le jour, placé sur elle. De trois à quatre ans le sommeil est revenu, mais toujours très court, environ quatre ou cinq heures par nuit. A partir de cinq ans, M... a dormi comme les autres enfants et son sommeil est devenu tranquille. — Ces cas qui sont assez fréquents dans

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