‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 6 sur 213 · Belhomme, Essai sur l'Idiotie · texte numérisé non relu

Belhomme, Essai sur l'Idiotie

au degré de développement intellectuel auquel parviennent ceux qui, placés dans les mêmes conditions, ont le même âge, le même sexe et' la même fortune.

« Il est fâcheux, dit-il, de changer d'expression pour désigner les nuances d'une même maladie. Le mot idiotie auquel on ajouterait l'épithète complète ou incomplète ne suffirait-il pas? Cependant comme le terme imbécillité désigne bien limpuissance de l'esprit qui empêche l'homme de pouvoir penser, je le conserverai, quoique à regret. » Nous éprouvons moins de regret que lui, car pour nous, l'imbécillité, tout en se rapprochant sous beaucoup de rapports de l'idiotie, nous semble un état absolument distinct et dans ses manifestations et dans ses conséquences.

L'idiotie, dit Séguin1, est une infirmité du système nerveux qui a pour effet de sousfraire tout ou partie des organes et des facultés de V enfant à V action de la volonté, qui le livre à ses instincts et le retranche du monde moral. L'idiotie semble, d'après cela, être la lésion, la cause et non l'effet. De plus cette définition est inexacte : les idiots profonds, complets, n'ont absolument aucun instinct, et ce n'est en tout cas pas la perte de la volonté qui fait d'un enfant un idiot, comme il le croit et l'affirme positivement. Ne dit-il pas en propres termes : « L'idiot jouit de l'exercice de toutes ses facultés intellectuelles, mais il ne veut les appliquer que dans l'ordre des phénomènes concrets, et encore seulement à ceux des phénomènes concrets comme la texture, la forme, la saveur, le goût, le son ou telle autre propriété particulière (et que souvent il apprécie seul) qui sollicitent en lui un désir, une manifestation de l'intelligence, de la vie? » En vérité, c'est là une étrange philosophie que

\. Séguin, Traitement moral des idiots.

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