‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 66 sur 213 · SIMULATION · texte numérisé non relu

SIMULATION

lation les pousse à raconter des choses invraisemblables, particulièrement en ce qui concerne des maladies, ou encore à se faire passer pour plus bêtes qu'ils ne sont. Nous en reparlerons plus longuement à propos du mensonge.

Il nous reste un petit point à signaler aussi, pour montrer que leur instinct d'imitation n'est vraiment pas si grand qu'on le suppose. Il est en effet très rare de voir se produire chez eux des maladies par imitation telles que l'écholalie, Péchokinésie dont nous n'avons guère rencontré d'exemples chez les idiots. On n'observe quelquefois qu'un degré très atténué d'écholalie, consistant à répéter le dernier ou les derniers mots prononcés devant eux. Mais ce n'est pas de la véritable écholalie, telle qu'on la voit par exemple dans la maladie des tics de Gilles de la Tourette.

L'instinct d'imitation nous amène à parler de certaines aptitudes qui se manifestent assez souvent chez les idiots et les imbéciles avec une grande intensité, et que tous les observateurs ont notées. Ce sont surtout des aptitudes artistiques ou encore mathéma'iques.

Mais tous les arts ne donnent pas lieu à des tendances analogues, et c'est surtout pour la musique qu'on les rencontre bien plus que pour le dessin , la peinture ou la sculpture. Quoique cela puisse paraître désagréable pour les musiciens, cela tend à montrer que la musique est le moins intellectuel de tons les arts. Tandis que le dessin ou les arts qui en dérivent cherchent à éveiller directement des sentiments et des idées parles scènes qu'ils représentent, la musique s'adresse spécialement aux sens et détermine une sensation agréable ou désagréable, sans qu'aucune idée ou même aucun sentiment intervienne à moins d'une éducation approfondie, et cela par la seule combinaison des sons.

C'est donc un art tout à fait sensuel, ce qui explique qu'il est beaucoup plus universellement répandu et à la portée du plus grand nombre des intelligences. Comme c'est la sensation seule qui est assez bien développée chez les idiots, el que c'est à elle que s'adresse la musique, cela explique qu'on rencontre de préférence les tendances musicales chez les individus de cetie catégorie.

Nous ne parlons pas, bien entendu, comme tendances musicales, des chantonnements continuels de certains idiots incurables; bien qu'à un certain point on puisse les rapprocher de ces chants rythmés sur deux ou trois notes au plus de certains peuples primitifs. Comme ces sauvages qui accompagnent leur chant monotone de mouvements cadencés, toujours les mêmes, les idiots qui chantonnent accompagnent aussi leur chantonnement d'un balancement de la tête et du corps. Pour les amateurs d'atavisme chez les idiots, ils peuvent en trouver là un exemple.

Quelquefois, des idiots qui ne savent pas prononcer un mot, retiennent du premier coup un air même assez difficile qu'ils fredonnent juste ensuite. Chez d'autres la musique fait cesser leurs cris ou bien ils adaptent leur balancement à son rythme.

Chez les idiols simples, cette tendance musicale se rencontre tiès fréquemment. Dagonet1 cite une idiote dont le vocabulaire était très restreint et qui n'avait commencé à parler qu'à neuf ans. Elle n'avait aucune notion des notes et cependant elle avait une aptitude remarquable pour la musique. Ainsi, elle répétait sur le piano les airs sans doute peu compliqués qu'elle entendait pour la première fois. Elle était, du reste, fille de musiciens distingués.

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