‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 73 sur 213 · Perez, toc. cit · texte numérisé non relu

Perez, toc. cit

besoin de manger domine longtemps tous les autres, même le besoin de mouvement. » Il en est de même chez l'idiot profond qui ne paraît guère sensible qu'à la nourriture, si l'on en juge par l'agitation qu'il présente dès qu'on la lui apporte. D'autres fois, comme l'ont remarqué Griesinger, Dagonet, etc., ces mouvements de joie et de tristesse ne paraissent motivés par rien et être le résultat immédiat de modifications insaisissables survenues dans l'état du cerveau et du système nerveux (Griesinger) *. On les voit quelquefois se mettre tout à coup à rire, ce qui est rare, mais plus souvent à pousser des cris, à s'agiter, à frapper, en même temps que leur visage se congestionne, et cela, sans qu'on puisse découvrir aucune cause à leur accès qui paraît se terminer de même sans motif, et après lequel ils retombent dans leur immobilité et dans leurs mouvements automatiques. Le sentiment du plaisir et de la souffrance est assez vague chez les idiots simples; chez les plus inférieurs, la douleur parait être à peine ressentie. Les cas d'auto-mutilation sont là pour le prouver. On a cité des femmes qui sont accouchées sans paraître sentir les douleurs de l'enfantement. Nous avons vu à propos de la sensibilité organique, combien ils ressentaient peu les modifications pathologiques de leurs organes, se promenant avec des maladies mortelles, sans manifester autre chose qu'un peu d'abattement.

Quant à la douleur morale elle ne peut se montrer évidemment qu'en rapport avec le développement de la sensibilité affective. Nulle chez les idiots complets, elle apparaît avec les degrés moins profonds sans jamais atteindre toutefois un bien grand développement.

Aussi voit-on bien rarement des idiots pleurer. Il faut

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