Perez, loc. cil
ments est bien le même, il faut le reconnaître, que celui qu'on peut observer chez des enfants normaux, mais ce qui diffère, c'est sa persistance. Sous ce rapport, l'idiot perfectible peut arriver à avoir des sentiments normaux : l'imbécile n'y arrive guère, à moins d'être toujours maintenu par son entourage dans de certaines habitudes d'esprit. L'imbécile est aussi cruel pour ses semblables que pour les animaux, et cela jusque dans ses plaisanteries. C'est ainsi qu'il rira méchamment et se moquera d'un camarade qui se sera estropié.
En somme, chez l'idiot, la cruauté, quand elle existe tient à l'absence totale de sentiments affectifs et d'intelligence en même temps ; chez l'imbécile elle tient à une perversion du sens moral, et il est bien plus difficile de le corriger que de le développer quand il n'est qu'atténué.
L'amour-passion existe-t-il chez l'idiot? Évidemment pas chez l'idiot profond, ni même, croyons -nous, chez l'idiot simple. Mais il existe certainement chez l'imbécile, où il a toujours un substratum essentiellement physiologique . L'amour platonique n'existe pas. L'imbécile est en effet très lascif. Il aime à dire des obscénités, surtout devant les femmes. Il a tendance à n'employer comme jurons que des mots se rapportant aux organes génitaux et à leurs fonctions.
Nous avons vu qu'ils pratiquent fréquemment le sodomisme. Un homme qui a une grande expérience de ces malades nous disait que tous les imbéciles qu'il connaissait le pratiquaient. Ils forment en ce cas de véritables ménages et celui qui représente le mâle protège son ami comme une femelle. De plus ils sont très peu constants dans ces amours contre nature.
Quoi qu'il en soit, malgré sa perversion, il est certain que