Félix Voisin, De l'idiotie chez les enfants
2. La question des idiots, Arch. neurologie, 1883, t. I, p. 395.
premières années de la vie ne sont pas complètement susceptibles d'éducation.
Les autres définitions que donnent Griesinger, Delasiauve, Dagonet, Luys, Ireland, etc., se rapprochent toutes plus ou moins de celles que nous venons de citer, aussi les passerons-nous sous silence.
Pour nous, c'est une affection cérébrale chronique alésions variées, caractérisée par des troubles des fonctions intellectuelles, sensitives et motrices, pouvant aller jusqu'à leur abolition presque complète, et qui n'emprunte son caractère spécial, particulièrement en ce qui concerne les troubles intellectuels, qu'au jeune âge des sujets qu'elle frappe.
Penser, agir, sentir, sont les trois modes de la fonction physiologique du cerveau. Les fonctions motrices sont dévolues à des territoires spéciaux assez bien déterminés ; des territoires analogues moins précis sont préposés aux fonctions sensitives. Quant à la pensée, on n'a pu la localiser nulle part jusqu'ici, quoiqu'il soit "Vraisemblable que les lobes frontaux y participent d'une façon plus spéciale. De fait, c'est à ce niveau que chez les déments et les idiots on trouve les lésions les plus marquées. Mais les processus pathologiques qui entraînent après eux l'idiotisme sont le plus souvent généralisés , aussi toutes les fonctions de l'organe sont-elles plus ou moins troublées, la motilité au même titre que l'intelligence et la sensibilité. Gela nous montre que dans les formes les plus graves de l'idiotie on ne saurait étudier séparément l'état mental et l'état physique. Pour parier plus justement, c'est l'état cérébral qu'il faudrait dire, et aucune de ses manifestations fonctionnelles ne doit être négligée. Ce n'est qu'en nous élevant vers des degrés un peu supérieurs, où l'ensemble du cerveau n'est pas pris, que nous pourrons laisser de côté les troubles
purement moteurs et sensitifs pour nous occuper exclusiment des fonctions intellectuelles.
Commme on peut s'y attendre , les classifications des divers degrés de l'idiotie n'ont pas manqué. A l'inverse de ce que nous disions des définitions, elles se valent presque toutes entre elles, car avec une aussi grande variété de types, il était loisible aux esprits les plus ingénieux et les plus subtils d'établir autant de catégories qu'il leur plaisait, et on doit leur savoir gré de n'avoir pas abusé de la latitude qui leur était laissée. Il ne sera pas inutile dépasser en revue ces diverses classifications qui jetteront peut-être un peu de lumière sur les principales caractéristiques de l'idiotie.
Esquirol i se fondant sur l'état de la parole admettait dans l'idiotie et l'imbécillité cinq degrés. Dans le premier degré de l'imbécillité, la parole est libre et facile; dans le second degré, elle est moins facile, le vocabulaire est plus circonscrit. Dans le premier degré de l'idiotie proprement dite, l'idiot n'a à son usage que des mots, des phrases très courtes ; les idiots du second degré n'articulent que des monosyllabes ou quelques cris ; enfin dans le troisième degré, il n'y a ni paroles, ni phrases, ni mots, ni monosyllabes. Toutefois embrassant les choses à un point de vue plus général, il dit ailleurs: «Depuis l'homme qui jouit des facultés sensitives et intellectuelles, mais qui, faiblement organisé est placé dans le dernier degré de la vie intellectuelle et sociale, jusqu'à l'idiot, il y a des degrés innombrables. Qui pourrait signaler et décrire toutes les nuances de dégradation qui séparent l'homme qui pense de l'idiot qui n'a même pas d'instinct? Néanmoins, en étudiant les faits, on peut classer