‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 97 sur 213 · ATTITUDES · texte numérisé non relu

ATTITUDES

A côté du mensonge, il faut signaler aussi la ruse, qui s'en rapproche par certains côtés. Elle est très développée chez les idiots et surtout chez les imbéciles. Chez ces derniers elle peut donner le change pour des actes intelligemment conçus et exécutés. Certains imbéciles mettent quelquefois une habileté extraordinaire à déjouer la surveillance, pour sortir de certains lieux ou s'y introduire, s'évader, etc. On est surpris, quand on se rend compte des difficultés qu'ils ont eues à surmonter, qu'avec une intelligence aussi faible, ils aient pu réussir, alors que pour des choses beaucoup plus simples, ils se montrent incapables. Sous ce rapport, ils se rapprochent beaucoup des hommes primitifs qui cherchent à se procurer par la ruse ce que leur force ou leur intelligence ne saurait leur donner. La ruse est l'arme du faible et la raison celle des forts.

Il nous reste à examiner deux choses pour en terminer avec ce chapitre des sentiments chez les idiots et les imbéciles, à savoir la façon dont ils expriment leurs émoiions, par le geste et la physionomie, et d'autre part leur façon d'être la plus ordinaire ; c'est-à-dire, leur humeur, leur caractère.

Nous ne saurions examiner ici en détail tous les jeux de physionomie de ces dégénérés sous l'influence des divers sentiments et émotions. Ce que nous voulons surtout étudier, c'est l'ensemble de leur physionomie et aussi de leur habitus extérieur, car les jeux de physionomie ne vont pas sans des attitudes spéciales qu'on arrive à dominer et à dissimuler, comme on n'arrive à dissimuler les mouvements mêmes du visage que parla volonté et les nécessités sociales.

Ce qui frappe tout d'abord dans l'attitude des idiots, quel que soit leur degré, c'est l'absence complète de grâce, et du côté du visage, c'est la laideur. Les idiots incurables ne sont

pas toujours les plus laids, car la laideur se développe surtout avec l'âge, lorsque les traits prennent une forme plus accusée et définitive. Or il est rare que les idiots complets arrivent à un âge assez avancé pour qu'on puisse juger de leur type. Néanmoins, un certain nombre qui résistent malgré leur incurabilité offrent alors le faciès le plus laid et le plus repoussant de tous et portent tous les stigmates d'une

dégénérescence profonde. La conformation de la tète et de la

face est des plus défectueuses, mais on ne saurait à cet égard donner une description d'ensemble. Quelle comparaison établir, par exemple, entre un microcéphale et un hydrocéphale ou un idiot myxœdémateux. Voilà trois types caractéristiques, et dont les individus ont tous un air de famille. Mais de ces trois types le plus constant est sans contredit le type myxœdémateux, remarquablement décrit par M. Bourneville. Nous nous attacherons surtout à décrire ces trois types, car pour les autres, nous ne pourrions rien dire de précis. L'idiotie qui tient, par exemple, à la méningo- encéphalite, à la sclérose cérébrale, à l'arrêt de développement des circonvolutions etc., etc., n'offre rien de particulier qui fasse dire à première vue à quelle classe d'idiotie appartient le sujet. Dans ce cas on ne peut, le plus souvent, faire que des présomptions que la nécropsie vient plus d'une fois réduire à néant.

Certains auteurs anglais, Langdon Down' en particulier, paraissent affecter un grande prédilection dans leurs classifications des types pour la comparaison avec les types des races humaines. Nous avouons n'avoir jamais remarqué rien de bien caractéristique à cet égard. Sans doute il en est qui rappellent plus ou moins le type mongol ou esqui-

d. Langdon Down, Leltsomian Lectures, 1887.

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