ATTITUDES
Certains auteurs distinguent deux sortes d'idiots : apathiques et agités. Les premiers restent continuellement assis, impassibles, indifférents à tout ce qui se passe autour d'eux, ne riant, ni ne pleurant jamais, poussant quelquefois des cris sans qu'on sache pourquoi, présentant du balancement, les mains placées sur leurs genoux. Les autres au contraire sont sans cesse en mouvement, vont, viennent, touchent à tout, jettent à terre tout ce qu'ils trouvent, ne font attention à rien de ce qu'on leur dit, n'ont pas l'air de voir ni d'entendre, simplement préoccupés de s'agiter, et ne fixant leur attention nulle part.
Les idiots incurables restent confinés dans leur lit, ou placés sur des fauteuils percés à cause de leur gâtisme et de leur impotence fonctionnelle. Ils sont incapables de manger seuls, ou alors ils mangent avec leurs mains, ne sachant se servir ni de cuiller ni de fourchette. Ils sont d'une maladresse insigne, n'ont aucune idée de la direction, ce qui témoigne même de l'état rudimentaire de leur sens musculaire. Car ils mettent continuellement leurs aliments à côté de leur bouche, se barbouillent le visage avec, renversent leur boisson, mangent avec une malpropreté révoltante. Ils n'ont, du reste, aucune idée de la propreté, et ne savent ni se moucher, ni retenir leur salive, leur urine ou leurs excréments. C'est le dernier degré de l'abjection. A la vérité, ils sont peu intéressants. Le seul jeu de physionomie qu'on puisse surprendre chez eux, c'est la joie de manger. Schùle ' a remarqué que l'expression de leur visage, inerte pendant la veille, peut quelquefois être assez agréable et douce pendans le sommeil. Quant à leur habitus extérieur, Griesinger l'a bien décrit : « Les idiots profonds, dit-ils, ont souvent