‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécileChapitre 24 sur 90 · SIGNES DE DÉBUT Œ · texte numérisé non relu

SIGNES DE DÉBUT Œ

qui les distingue de ceux de 1 enfant normal. Tantôt c'est une inortie dont rien ne les tire, tantôt c'est un mouvement perpétuel; mais on doit dire que la première est la plus ordinaire dans le tout jeune âge, et le second plus fréquent lorsque l'enfant est en état de marcher.

11 est inutile d'insister davantage sur tout ceci. Nous tenions simplement à montrer que l'idiotie pouvait se révéler dès la naissance, et qu'à mesure que les manifestations intellectuelles se développent, elles présentent un cachet spécial qui les distingue immédiatement de celles de l'enfant normal.

A quoi tiennent ces différences précoces chez les idiots? A ceci que leurs sensations et leurs perceptions ne se font pas d'une façon normale. Le point de départ de tout développement intellectuel, de toute connaissance est dans la sensation. Mais ce n'est pas tout de sentir, il faut percevoir et interpréter la perception. « La perception, dit Binet, est l'acte qui se passe lorsque notre esprit entre en rapport avec des objets extérieurs et présents. Ce n'est pas un acte simple, mais un acte très complexe et qui comprend une action sur les sens et une réaction du cerveau. C'est le processus par lequel l'esprit complète une impression des sens par une escorte d'images. » Chez l'idiot et chez l'imbécile, il ne faut jamais perdre de vue l'état de l'organe de la pensée, qui est toujours plus ou moins profondément altéré, soit en totalité, soit en partie, ou anormalement développé. De plus, chez l'idiot, non seulement les appareils de perception sont atteints, mais les appareils de transmission paraissent l'être quelquefois aussi. Il est toutefois bien difficile de se prononcer catégoriquement, puisque, malgré le bon état de ces derniers appareils, il suffit que ceux de réception soient lésés pour que le phénomène de la sensation s'accomplisse mal.

Lorsque l'on étudie la sensation, deux choses entrent en ligne de compte : l'état des organes sensoriels et sensitifs, et la perception consciente des modifications qu'y détermine l'excitant spécial à chaque organe. Quoiqu'il ne rentre pas dans notre cadre d'étudier l'état des organes sensoriels et sensitifs, nous devons cependant en dire quelques mots,

particulièrement en ce qui concerne la vue. Cest en eflet le seul sens où on puisse, chez les idiots, distinguer entre les altérations de l'appareil sensoriel et celles de la perception elle-même. Pour les autres sens, ouïe, goût, odorat, toucher, on est forcé de s'en tenir à ce qu'accusent les malades. 11 ne mut pas oublier, en effet, que chez les idiots le défaut d'attention peut les faire passer pour aveugles, sourds, anesthesiques.

Pour la vue, il est facile de se rendre compte si leur oeeité apparentement à une altération de l'appareil visuel m à un défaut d'attention. Les modifications de la pupille sont la pour en témoigner lorsqu'il n'y a pas de grosse lésion apparente. D'après ce que nous avons pu observer, les yeux seraient frappés de cécité congénitale ou acquise dans les premières années de la vie, dans 7 à 8 p. 100 environ des cas chez les idiots. Chez les imbéciles au contraire, c'est beaucoup plus rare, et sous ce rapport, comme sous tous les autres, en ce cpii concerne l'état physique, on n'observe chez eux que peu de différence avec l'homme normal.

La vue étant un des sens les plus utiles au developpemem de l'intelligence, on conçoit donc combien la cécité, lorsqu elle s'ajoute à un état cérébral défectueux, contribue encore a accentuer l'idiotie et à laisser à l'état d'idiots comp ets des individus qui auraient pu gravir les prenne, échelons de l'intelligence. Néanmoins ce sens n'est pas .nd.spensable . 1'éducâïion même des idiots, et l'on peut voir a Bicêtre des idiots aveugles, tous gravement atteints nucllcctuel eme, . employés cependant à l'atelier de vannerie, ou ils amveu 2 bien à rempailler des chaises et à faire de ^» nerie. Plusieurs cependant étaient autrefois gateus et on pouvait désespérer de les utiliser jamais 11 en est même a qui l'on a pu apprendre l'écriture en r« mftfe «ans les institutions d'aveugles. Néanmoins, ains. qu'il est fedle de le prévoir, les idiots auxquels il manque un sens aus^impor nt qu celui de la vue ou de l'ouïe, sont condamnes à reste, ujo!,s à un degré très intérieur de PécneUe .ni, lectm U . Séguin fl) pense que les incapacités de la vision se redui

i) Séguin, loc. cit.

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