‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécileChapitre 27 sur 90 · ODORAT · texte numérisé non relu

ODORAT

portent à leur bouche tout ce qui leur tombe sous la main, mais d'idiots capables de travailler, d'imbéciles même qui mangent des ordures ou des choses repoussantes. Un microcéphale de dix-neuf ans, à Bicêtre, avale par exemple des chenilles, des souris crues. Un imbécile, instable, à Bicêtre, mange des araignées. 11 n'y a pas jusqu'aux excréments qu'on ne voie dévorer par les idiots, et c'est ordinairement leurs propres excréments. On perdrait son temps à rapporter de nombreux exemples de perversions du goût. Il suffit d'indiquer qu'elles sont extrêmement fréquentes.

Les mêmes remarques s'appliquent à l'odorat. Plus encore peut-être pour les odeurs que pour les saveurs, les sens paraissent absolument obtus. On peut même affirmer que l'appareil sensoriel est touché, car des odeurs irritantes, comme l'ammoniaque par exemple, ne déterminent pas les phénomènes locaux et réflexes qui se manifestent si rapidement chez les individus normaux. Mais, dans ce genre de recherches, il faut prendre garde à certaines causes d'erreur. Beaucoup d'idiots, en effet, respirent très irrégulièrement, et si on n'a pas soin d'attendre plusieurs respirations en maintenant l'odeur sous le nez, on n'est pas sûr du résultat. Mais, toute cause d'erreur mise de côté, il n'en reste pas moins que la plupart des idiots différencient à peine les odeurs bonnes des mauvaises et quelquefois même des irritantes.

Les deux sens du goût et de l'odorat sont du reste, en général, corrélatifs, mais, à côté des cas d'obtusion, on observe des cas d'acuité extraordinaire. C'est ainsi que Séguin parle d'idiots « qui distinguaient au flair seul l'essence des bois et des pierres, sans le concours de la vue et qui cependant n'étaient pas affectés par les odeurs et les saveurs stercoreuses, et dont le sens du tact était obtus et inégal ».

Cette combinaison de sensibilité exquise pour certaines choses et d'insensibilité lient, pensons-nous, à ce que dans le premier cas l'attention et l'intérêt étaient mis enjeu, tandis que dans le second le sujet était absolument indifférent aux sensations perçues el que son insensibilité n'était qu'apparente.

La sensibilité tactile est très obtuse en général, mais elle

l'est toujours d'une manière uniforme et non par plaques. A L notai de vue, Séguin (i) distingue les idiots en deuv classes eeu "! „'a"an,pasconseienee des sensations ,.. dément

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