‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécileChapitre 31 sur 90 · ATTENTION VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

ATTENTION VOLONTAIRE

A cet égard, qu'il nous soit permis de citer un passage caractéristique de Bibot ;l) : « Nous avons fait remarquer qu'à l'état dê nature, pour l'animal et pour l'homme, la possibilité d'attention spontanée est un facteur de premier ordre dans la lutte pour la vie. Dès que, par des causes quelconques qui se sont produites en réalité, puisque l'homme est sorti de la sauvagerie (disette de gibier, densité de la population, sol ingrat, peuplades voisines mieux aguerries, etc.), il a fallu ou périr ou s'adapter à des conditions de vie plus complexes, c'est-à-dire travailler, l'attention volontaire est devenue, elle aussi, un facteur de premier ordre dans cette nouvelle forme de la lutte pour la vie... L'attention est donc née sous la pression du besoin et avec les progrès de l'intelligence. Il est facile d'établir que, avant la civilisation, l'attention volontaire n'existait pas ou n'apparaissait que par éclair, pour ne pas durer. » Eh bien ! il en est ainsi chez les idiots, et de même que l'on peut constater la succession du règne de l'attention volontaire à celui de l'attention spontanée, de même on peut observer ces deux stades chez les idiots simples, ceux du dernier degré étant trop imparfaits pour pouvoir entrer en comparaison avec l'homme.

.Mais l'expression la plus concrète, la plus saisissable de l'attention volontaire, c'est le travail. Le sauvage est un être indiscipliné et paresseux auquel tout travail répugne. Chez les nations civilisées, il est également des individus indisciplinables et incapables de tout travail, comme les vagabonds, les prostitués, toute la catégorie si nombreuse des récidivistes. On peut y ajouter les idiots, et la plupart des imbéciles qui fournissent de nombreuses recrues aux prisons quand on a la faiblesse de n'en débarrasser la société qu'en lui faisant porter les frais de leur entretien pendant le reste de leur existence, en prenant pour eux plus desoins qu'on n'en prend pour nos soldats, en ne les forçant pas enfin à réparer le mal qu'ils ont causé d'abord et à combler en partie du moins les dépenses qu'on fait pour les mettre hors d'état de nuire.

L'indiscipline, la paresse et la faiblesse de l'attention,

(i) Ribol, loc. cil.

parallèle à colle de l'intelligence, vont donc de pair. C'est ce qu'on remarque d'une façon très nette chez les idiot*. Uns ils sont faibles d'esprit, moins ils sont attentifs, plus ils sont paresseux, indisciplinables, inéducables. Lessent.ments affec tifs capables de mettre enjeu leur attention volontaire sont tellement faibles qu'ils échappent à la répression, a la crainte au châtiment auquel ils restent indifférents , l'expérience étant pour eux lettre morte, les phénomènes restant a 1 état isole, ne se coordonnant pas, ne s'associant pas, ne déterminant pas d'idée abstraite. D'autres au contraire se disciplinent assez bien et peuvent apprendre un métier. Si on compare les premiers aux sauvages, on voit que les seconds commencent a se civiliser. Mais nous ne saurions souscrire néanmoins a l'opinion des criminalistes italiens qui voient là des cas d atavisme 11 y a cette différence énorme entre les primitifs et les individus qui nous occupent que, chez les prend ers 1 apparition de l'attention volontaire et du travail indique le développement progressif de leur intelligence, tandis que chez le seconds le même état de l'attention n'est qu'un résidu et indique leur dégénérescence intellectuelle et morale

L'opinion de M. Ribot que l'attention volontaire est un phénomène sociologique, qu'elle est une adaptation aux conditions d'une vie sociale supérieure, qu elle est une discipline et une habitude, nous semble donc absolument fondée Mais au point de vue social, lorsque le développement de r Mention volontaire est aussi rudimentaire que chez les dttT et qu'il entraîne une défectuosité intellectuelle aussi considérable que la leur, il n'en résulte pas de conséquences très fâcheuses. Les idiots ne sont pas très dangereux, et d'autant moins que le plus souvent leur état mental ob hge a Xe dans des asiles pour toute leur vie. Chez les imbeci e au contraire, l'attention volontaire existe dans certaines m^s mais il est impossible de la fixer. L'intelligence relaie qui raccompagne et qui est faussée dans son devefcpnement ainsi que nous le verrons plus loin, en fait des êtres LTvent dangereux, et cela d'autant plus qu'à idiots leur état psychique permet fréquemment de les la.ss<

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