SOMMEIL
resté huit mois sans dormir. La nuit il se levait de sou berceau, se promenait dans la chambre, tirait sur les draps, les cordons qu'il trouvait en poussant des « gehein ! » Dès (pie ses parents l'avaient recouché, il se relevait. Il ne voulait pas être couvert. Sa mère était très contente quand il dormait une demi-heure dans le jour, placé sur elle. De trois à quatre ans le sommeil est revenu, niais toujours très eourt, environ quatre ou cinq heures par nuit. A partir de cinq ans, M... a dormi comme les autres entants et son sommeil est devenu tranquille. — Ces cas, qui sont assez fréquents dans la première enfance, sont exceptionnels après quatre ou cinq ans, où on observe au contraire ordinairement une propension au sommeil.
Il est très vraisemblable qu'ils sont aussi incapables de rêver qu'ils sontincapables dépenser à l'état de veille.
Chez les idiots simples, le sommeil parait moins profond et les occupations du jour retentissent sur lui. Quelquefois ils se réveillent brusquement, se dressent, se mettent à crier, puis se recouchent et se rendorment. 11 n'est pas douteux dans ces cas qu'il y ait eu rêve, cauchemar même. Ce doit être en effet le plus souvent des sentiments forts, plaisir ou crainte, qui viennent surgir dans leur conscience endormie. Quant aux imbéciles, ils rêvent certainement comme les individus normaux et nous n'avons rien à signaler de particulier concernant leur sommeil.
Le besoin d'activité musculaire, comme l'appelle Bain (i), est beaucoup moins puissant que les précédents, au moins chez les idiots, quoique Beaunis (u2) le regarde comme aussi impérieux que le besoin de sommeil. Il est cependant certain que chez beaucoup d'idiots profonds il est réduit à son minimum et même complètement anéanti. lien est qui sont comme des masses inertes; quand ils se remuent, ce n'est certainement pas pour la satisfaction qu'ils éprouvent à faire fonctionner leurs muscles. Est-ce à ce besoin qu'il faut rapporter, comme
(1) Bâin, Les Émotions et la Volonté.
(2) Beounis. Les Sensations internes.
le fait llcaunis, l'existence de tics dont nous avons rapporté des exemples plus haut, et même de mouvements plus compliqués de caractère automatique ? Nous ne saurions l'alfirmer, tant ces mouvements sont différents de ceux que suggère la volonté, si faible qu'elle soit, ou le désir, qui est corrélatif du besoin.
Nous devons cependant à ce propos, et quelle que soit l'interprétation qu'on peut donner de ces faits, citer certaines manifestations motrices assez singulières qu'on observe chez les idiots. Nous voulons parler des grimpeurs et des tourneurs.
Tel est le cas d'un jeune idiot épileptique de dix ans, du service de M. Bourneville. Cet enfant, qui avait eu des convulsions depuis l'âge de huit mois, poussait des cris continuels que rien ne pouvait calmer depuis sa naissance. I l ne prononçait pas d'autre mot que : maman. Jamais il ne marcha normalement. Il courait toujours; il se sauvait de chez lui des que la porte était ouverte. Jamais il ne sut se servir de ses mains pour manger. Il savait cependant approcher sa chi ! de là table. Comme tic, on constatait un balancement latéral du tronc. De plus, il était grimpeur ; il montait sur tout, grimpait dans les arbres dès qu'on ne le surveillait pas. Celle manie de grimper n'était pas, comme on le voit, isolée, el il pré sentait d'autres particularités dans la sphère motrice, telles que les fugues et la manière de marcher en courant toujours, qui sont d'autant plus intéressantes que, d'autre pari, on constatait une grande maladresse dans les mouvements des membres supérieurs. Quoique la préhension même des aliments lui fût impossible, en effet, il savait saisir suffisamment les objets sur lesquels il grimpait, pour ne pas tomber. Les mouvements des membres supérieurs n'étaient par conséquent normaux que lorsqu'ils étaient associés à ceux des membres inférieurs dans l'acte de grimper, comme s'il y avait un centre spécial pour cet acte, centre qui aurait été épargné dans le cas particulier et agi d'une façon en quelque sorte supplémentaire par rapport aux autres centres moteurs
Nous avonsaussi rencontré dans le service de M. Bourneville des exemples d'idiots tourneurs. L'un d'eux, âgé do sept ans.