DIFFICULTÉ DE DESCRIPTION
des principales montrera combien l'abondance cacbc ici la pauvreté réelle. Peut-être serait-il juste d'ajouter qu'il était bien difficile d'en donner une bonne. Aussi Séguin, qui, cependant se vantait d'être le premier à avoir connu l'idiotie, et dont le livre, excellent pour tout ce qui concerne le traitement physique et moral, est une diatribe continuelle contre les médecins, n'a pas de peine à critiquer, avec une insuffisance qui fait souvent sourire, toutes les définitions de ses prédécesseurs. Mais, quand il en vient lui-même à en proposer une nouvelle, on est surpris de voir qu'elle ne vaut pas mieux que les autres. Il s'efforce de substituer aux définitions négatives une définition positive en disant : l'idiotie est une intelligence mal servie par des organes imparfaits; mais il craint de n'être pas entendu, et il n'insiste pas, ce qu'il n'aurait pas manqué de faire, s'il avait cru dire juste. Du reste, la façon dont il comprend l'idiotie, et sur laquelle nous aurons à revenir à propos des symptômes psychologiques, est si singulière qu'elle dépare considérablement son étude médico-philosophique de l'idiotie.
Lorsque des hommes compétents se sont heurtés à celte simple définition depuis près d'un siècle, il nous paraît bien inutile d'insister et d'en proposer à notre tour une nouvelle, qui aurait toute chance de ne pas valoir mieux. Tout le monde se comprend quand on emploie le terme d'idiot, et c'est là le principal. On ne lui a pas donné de synonyme, et c'était le seul moyen de lui laisser sa clarté.
Mais revenons à nos définitions de l'idiotie.
Si l'idiotie était une affection une dans son essence, son histoire tiendrait dans sa définition. Si aucune définition n'est applicable à tous les cas, cela prouve qu'il n'y a pas une idiotie, mais qu'il y a seulement des idiots. Eh bien! cette difficulté que l'on a de caractériser en peu de mots l'état de ces idiots, n'est rien à côté de celle qu'on rencontre à chercher des différences caractéristiques entre leurs différents types, et cela par cette seule raison, que nous donnions tout à l'heure, qu'il y a pour ainsi dire autant de types que d'idiots et que chaque idiot est un monstre particulier.
Nous ne pouvons regarder comme définitions les appellations données par les anciens auteurs à l'idiotisme, comme
PSYCHOLOGIE l)K L'IDIOT IST HE L'IMBÉCILE
on disait avant Escjuirol, telles que : amenda de Sauvage, imbecillilas ingenii de Sagar; fatuitas ingeniidv Vogel, mo rosis de Linné, démence innée de (julien et Fodéré. slupidilas de Willis, etc. La première vraie définition semble être celle de Pinel : abolition plus ou moins absolue soil des fonctions de V entendement, soil des affections du cœur, définition qui peut aussi bien s'appliquer à la démence avec laquelle l'idiotie était du reste encore confondue à celte époque.
Pour Esquirol (1), c'est un élut particulier dans lequel les facultés intellectuelles ne se sont jamais d(:rr/<ij>pées;définilion inexacte puisque l'idiotie est loin d'être toujours congénitale.
Belhomme (2) s'en rapproche beaucoup quand il dit que c'est un état constitutionnel dans lequel les fonctions intellectuelles ne se sont jamais développées. Et tous deux ajoutent : ou n'ont pu se développer assez pour que l'idiot ail acquis les idées, les connaissances que l'éducation donne aux individus placés dans les mêmes comblions que lui.
Ailleurs Belhomme définit l'idiotie proprement dite : un étal dans lequel il g a oblitération des facultés affectives et intellectuelles, et l'imbécillité, un état dans lequel les facultés ne se sont développées que jusqu'à un certain point, ce qui empêche les individus qui en sont atteints de s'élever au degré de développement intellectuel auquel parviennent ceux qui, placés dans les mêmes conditions, ont le même âge, le même sexe et la même fortune.
« Il est fâcheux, dit-il, de changer d'expression pour désigner les nuances d'une même maladie. Le mot idiotie auquel on ajouterait l'épithète complète ou incomplète ne suffirait- il pas ? Cependant, comme le terme imbécillité désigne bien l'impuissance de l'esprit qui empêche l'homme de pouvoir penser, je le conserverai, quoique à regret. » Nous éprouvons moins de regret que lui, car pour nous 1 imliecdlite. bout en se rapprochant sous beaucoup de rapports de l'idiotie, nous semble un état absolument distinct et dans ses manifestations et dans ses conséquences.
(i) Esquirol, Traité des maladies mentale*. la) Belhomme, Essai $ur l'Idiotie. iS >.',.