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vous n'en ferez rien. Il csi du resté impossible de connaître à fond un idiot si on essaie de le soumettre immédiatement à une discipline quelconque.il apprécie parfaitement la bonté et surtout la franchise.
A mesure que nous nous élevons vers les degrés atténués de 1 idiotie, nous trouvons que l'affection prend un caractère qui la rapproche de plus en plus de ce qu'on observe chez l'individu normal, c'est-à-dire l'affection fondée, non seulement sur la sympathie, mais encore sur le choix entre certaines personnes . Les idiots, en raison même de ce que nous avons dit de l'attention, sont beaucoup plus susceptibles qu'on pourrait le croire d'attachement et d'affection.
Lorsqu'on les a quittés et qu'ils vous revoient, ils accourent vous dire bonjour avec plaisir et en donnant des signes de joie.
Les imbéciles, au contraire, n'ont pas ou peu d'affectivité. Ils oublient facilement les personnes qui leur ont témoigné le plus d'affection. Ce n'est qu'avec bien de la difficulté qu'on arrive à leur faire écrire à leurs parents absents. Ils ne désirent les voir que pour exiger d'eux des satisfactions de leurs désirs, des distractions, et leur font des scènes dès qu'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Ils disent à leur adresse toutes sortes de grossièretés dès qu'ils font une objection ou refusent ce qui leur est demandé. Ils préfèrent n'importe quel plaisir à celui de les voir. Bref, ils se montrent là encore antisociaux par excellence, car, sans les sentiments affectueux envers l'individu et la famille, on ne saurait guère comprendre le développement de la sociabilité.
Il nous faut voir maintenant si le sentiment n'ayant qu'une base purement psychique, morale, existe, et dans quelle mesure. Dans cette étude les idiots profonds doivent être tout d'abord éliminés, car ils sont incapables de comprendre et de pratiquer les divers modes de l'affection : amour filial, amitié, amour sexuel, etc. Nous laissons bien entendu de côté l'amour paternel ou maternel que fort heureusement ils ne sont pas à même de prouver.
Les idiots plus ou moins élevés dans l'échelle intellectuelle sont certainement susceptibles d'affection filiale, quoique d'une
1 ou
PSYCHOLOGIE DE l.'IDIOÏ KT DE L'IMBÉCILE
manière très modérée. Il suffit, pour s'en convaincre, d'assister à la visite des parents dans un asile d'idiots. Leurs témoignages d'affection sont souvent proportionnels aux friandises qui leur sont apportées, mais on en rencontre cependant qui sont heureux de voir leurs parents et leur donnent des caresses non intéressées. L'afléclion pour les proches marche ordinairement de pair avec l'amour filial. Il en est toutefois qui paraissent n'avoir aucun sentiment affectueux pour leurs parents et en montrent de très vifs pour leurs frères ou sœurs, pour qui ils manifestent parfois une véritable jalousie.
Chez l'imbécile l'amour filial est, comme tous les autres sentiments, d'une remarquable instabilité. Il est trop égoïste, trop occupé de sa personne pour fixer longtemps son attention sur l'affection qu'il doit à sa famille. Lorsqu'il se trouve en présence des siens, il leur témoigne quelquefois, si on- l'y pousse, des sentiments tendres. Mais à peine est-il retourné à ses occupations qu'il les a presque oubliés. On a delà peine à lui faire comprendre que la première personne venue ne doit pas supplanter son père et sa mère dans l'affection qui leur est. due. Si on leur annonce une triste nouvelle à leur sujet, c'est un incident qui ne les frappe guère plus que ceux de la vie courante et sur lequel ils vous demandent tranquillement ries explications comme s'il s'agissait véritablement d'étrangers.
Mais si chez les idiots on peut observer le manque de sentiments affectifs, chez les imbéciles on rencontre souvent leur perversion. Ils ne sont pas rares ceux qui, loin de remercier leurs parents qui viennent les visiter et leur apporter de menus objets, les reçoivent d'une façon désagréable, leur disent des sottises tout en prenant ce qu'on leur donne, ou les injurient si on ne leur apporte rien. Que de fois quand on leur demande s'ils aiment leur père ou leur mère vous répondent-ils que non, en leur donnant les qualificatifs les .plus grossiers.
L'amitié est peu fréquente entre idiots, mais on en voit cependant quelques-uns qui vont toujours ensemble pour jouer, et qui s'entr'aident par sympathie. Chez les imbéciles elle se rencontre davantage, mais plutôt sous forme d'association