‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécileChapitre 71 sur 90 · DESSINS DIS IDIOTS · texte numérisé non relu

DESSINS DIS IDIOTS

nmis avons eon&laté également une écriture assez régulière. Il lit un jour le dessin d'un tambour qui ressemblait plutôt à □ne SGitte de b&llOQ dégonflé et ûaafifUB de deux baguettes, dont l'une a dfeUK lois la longueur de l'instrument et dont l'autre ne représente que la dixième partie.

Si on remarque que chez l'homme normal il s'en faut de beaucoup qu'une belle écriture indique des tendances au dessin (mi inversement que de bons dessinateurs aient des chances pour bien écrire, on pourra observer que chez l'idiot l'écriture n'est véritablement que du dessin, et que, comme son intelligence est trop faible pour associer une idée à un signe conventionnel*, il en résulte que l'écriture n'est pas pour lui un symbole. Il n'y voit qu'un assemblage de traits qu'il arrive quelquefois à associer à l'idée d'un son lorsque ces traits sont simples, mais dont il ne voit pas la liaison dès qu'ils sont en trop grand nombre. Aussi l'écriture et la lecture sont-elles sans expression, puisqu'il émet des sons dont il ne voit pas, non seulement le rapport avec les idées, mais même avec ceux qui Je suivent et ceux qui le précèdent.

Remarquons également que l'idiot ne peut pas dessiner sans modèle, de même qu'il ne peut pas écrire sans modèle, et nous verrons encore là un argument pour montrer que l'écriture chez l'idiot n'est absolument que du dessin, vide de sens au point de vue verbal.

De même que pour l'écriture, l'imbécile n'aime pas les modèles de dessin. Si on l'y astreint, il les reproduit sans goût et par suite sans proportion, voulant avant tout faire vile sans chercher à faire bien (Pl. X), et préfère le plus souvent se laisser guider par son imagination qui se donne alors libre carrière. Il ne recule devant aucune difficulté, mais il est rare qu'il finisse un dessin. Dans les planches XI et XII, M..., un imbécile de Bicêtre, a essayé de reproduire une locomotive avec son chauffeur qu'il avait vus la veille en promenade. Audessus, il a fait le lion de Belfort ! On voit qu'ils ont toutes les audaces et toutes les prétentions. D'autre pari, on peut juger par le dessin, qui ne signifie absolument rien, le laisser aller de leur imagination, qui les pousse à faire des sortes d'arabesques des plus fantaisistes.

Un coup d'œil jeté sur ces dessins d'idiols et d'imbéciles fera mieux comprendre que tout ce que nous pourrions dire l'énorme distance qui les sépare, et le parti qu'on peut tirer des deux catégories d'individus. Chez les idiots, nous voyons l'essai d'un dessin correct, consciencieux, attentif. Chez les imbéciles, nous trouvons un dessin irrégulier, fantaisiste, prétentieux, absurde. Il n'est pas douteux que le premier est bien préférable au second.

Jusque dans les moindres choses, on peut donc noter celte différence fondamentale des idiots et des imbéciles, qui fait des premiers des pauvres êtres arrêtés dans leur développement , et des seconds des êtres non seulement arrêtés quoique bien plus légèrement, mais surtout déviés de la normale. Non- en verrons plus loin toute l'importance au point de vue social.

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