‹ Psychologie de l'inventionChapitre 19 sur 54 · Mémoires (T outre-tombe, I, p · texte numérisé non relu

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le système d'une théorie encore boiteuse. Ces sentiments ardents, ces impressions vives qui précèdent et accompagnent la synthèse créatrice sont l'expression de ce jeu de tendances dont dérive l'idée, et en indiquent la force.

Enfin nous avons dit que la création intellectuelle pouvait réagir sur les sentiments. Pygmalion, que rappelait Chateaubriand, peut être indiqué comme modèle imaginaire d'un type peut-être assez fréquent. Il est assez naturel que les faits d'imagination évoqués par une tendance quelconque réagissent sur elle; ils la complètent et ils lui donnent une forme plus précise : ils peuvent ainsi la fortifier et la développer, dans un sens parfois imprévu. Ils peuvent aussi agir indirectement sur les autres tendances. Une bonne part de ce qu'on nous a dit des effets de l'imagination trouverait ici sa place. Peut-être l'imaginatif amoureux a-t-il une tendance à voir les femmes à travers les créations de son esprit, à les trouver semblables au type idéal qu'il s'est formé. Cela se produit au moins assez fréquemment. L'illusion artistique est un cas particulier du fait général que j'indique. On connaît assez la lettre de Flaubert à Taine sur les caractères de l'hallucination esthétique et sur sa puissance'. Tout récemment l'exactitude en a été fortement contestée. On trouve toutefois dans la correspondance de Flaubert d'autres assertions qui semblent la confirmer. Flaubert écrivait à M"**' X..., en datant sa lettre de deux heures du matin : « Il faut t'aimer pour t'écrire ce soir, car je suis épuisé^ j'ai un casque de fer sur le crâne; depuis deux heures de l'après-midi (sauf vint-cinq minutes à peu près pour dîner) j'écris de la

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