Duclaux, Ferments et maladies
quelle yérité générale ceci se rattache — c'est un hasard manifeste qui fournit l'occasion de la synthèse inventive. L'histoire de la photographie en donne un bon exemple. Quelques pas avaient été faits déjà, mais Niepce était morl sans atteindre le but. Daguerre continuait ses essais. Il expérimentait avec des plaques qu'il fallait exposer assez longtemps à la lumière. Il oublia, dit-on, dans une armoire une plaque dont l'exposition avait été trop courte pour que l'image s'y fût développée, et sa surprise fut grande lorsqu'un jour il trouva la transformation accomplie. « Présumant que cet effet était dû à l'un des corps qui se trouvaient dans l'armoire, il les enleva l'un après l'autre, rapportant chaque fois une plaque impressionnée. Déjà l'armoire semblait vide et l'image apparaissait toujours. Daguerre allait croire à quelque sortilège, quand il avisa dans un coin une capsule pleine de mercure, métal qui émet des vapeurs à la température ordinaire. Il supposa que les vapeurs de ce corps pouvaient avoir développé l'image. Pour s'assurer du fait il prit une plaque qu'il exposa pendant peu de temps dans la chambre noire et sur laquelle il n'y avait encore aucune trace d'image visible, puis il l'exposa aux vapeurs du mercure, et voilà qu'il vit, à sa grande surprise, apparaître une image. Une des plus belles découvertes de ce siècle était faite » *. En somme ce cas ne diffère pas essentiellement des précédents. La part du hasard y est seulement un peu plus grande. La tâche de l'esprit est, au dernier moment, facilitée, non annulée. La préparation reste identique, et pour peu qu'on lise avec attention le récit qui précède, on est frappé des idées déjà éveillées que suppose la