‹ Psychologie de la volonteChapitre 13 sur 55 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La volonté est donc un pouvoir personnel de décision et d'action, calme, attentif et réfléchi, qui évolue dans le sens de l'activité raisonnable et morale. Ses caractères essentiels nous étant connus, il nous sera plus facile sans doute d'en découvrir la nature exacte.

Les psychologues modernes français et étrangers de l'école psycho-physiologique considèrent en général l'activité volontaire comme une forme infiniment complexe de l'activité, la plus complexe de toutes, mettant en jeu un nombre inouï d'éléments psychiques de toute espèce, sensations, idées, sentiments, mouvements, comme une acqui- EuGi Martin» 3

sition précieuse, mais difficile et délicate, que le moindre trouble dans nos fonctions principales risque d'atteindre bientôt.

L'acte volontaire est, dit M. Ribot*, « une réaction individuelle », qui suppose une coordination hiérarchique des réflexes, des désirs et des tendances rationnelles telle que tout converge vers un point unique, le buta atteindre. « Cette coordination a pour facteur principal le caractère, qui n'est que l'expression psychique d'un organisme individuel... L'acte par lequel cette coordination se fait, s'affirme, est le choix.. » La décision « est déterminée, écrit M. Harald Hôffding^ par le moi réel de l'individu, par le cercle central de pensées, de sentiments et de penchants qui, par suite de ses prédispositions originelles, ont pris naissance, au cours de sa vie, dans les profondeurs de son être ». Les sentiments et les idées suggérés par les choses, dit W. James ^, nous entraînent dans un sens ou dans un autre, et nos émotions compliquent leur jeu par leurs effets mutuellement inhibitifs ; les plus hautes détruisent les émotions inférieures ou bien elles sont elles-mêmes expulsées. Par tous ces processus la vie se fait prudente et morale; mais les agents psychologiques du drame sont les idées elles-mêmes, dont le système total est désigné par les termes « âme »,

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