Op. cit., pp. 20 cl
2. Pafisot et Maktin, Les postulats de la Pédagogie, p. 153 (F. Alcan).
nouveau pour exposer des idées communes ? D'où vient en effet la force des idées, si ce n'est des tendances qui y sont liées, et dont les manifestations conscientes ne sont autre chose que des sentiments, états évidemment passagers ? Herbartparle quelque part^ de V intérêt que l'instruction doit exciter dans l'âme pour être efficace : « le mot intérêt, dit-il,... désigne en général le genre d'activité intellectuelle que l'instruction doit provoquer, car on ne saurait s'en tenir au simple savoir » ; et il énumère les diverses sortes d'intérêt qu'une idée peut exciter, intérêt sympathique, spéculatif, social, religieux, etc. N'est-ce pp« faire entendre, pour employer un autre vocabulaire, que l'instruction doit, pour être efficace, faire appel aux tendances actuelles du sujet à élever et essayer d'en former d'autres en se servant de celles-ci ? La doctrine de Herbart, plus réductible qu'il ne semble à première vue, aux doctrines psycho-physiologiques, ne saurait donc nous embarrasser ici. Quant à M. Lapie, il nous offre lui-même le moyen de sortir d'embarras. Après avoir parlé de la théorie sentimentaliste de la volonté, il ajoute cette remarque : « En dépit de l'apparence, cette doctrine s'accorde avec la nôtre. En effet, nous n'avons pas plus nié l'influence des sentiments que celle des causes physiques. L'orgueil, l'humilité, la modestie sont des sentiments :
1. Esquisse de leçons pédagogiques. Trad.Pinloche, pp. 108-9: cf. ibid., p. 123, ^ 83-94.
or nous avons montré que l'orgueil, l'humilité, la modestie déterminent la conduite des hommes. La crainte, l'espérance, la confiance et le désespoir sont des émotions : or nous avons montré que la crainte, l'espérance, la confiance et le désespoir déterminent les décisions et les indécisions, la volonté et l'aboulie. Seulement, les partisans du primat de la sensibilité soutiennent que l'influence de ces sentiments est due à leur nature émotionnelle; nous croyons au contraire qu'elle est due à leur nature intellectuelle : ils n'agissent sur la volonté qu'en tant qu'ils sont des jugements implicites sur notre valeur, sur notre bonheur ou sur notre puissance ^ » L'essentiel est pour nous que M. Lapie ne nie pas le rôle considérable que les puissances affectives jouent dans notre activité volontaire concurremment avec les facteurs intellectuels.
Mais, dira-t-on, est-il suffisant, dans une étude de ractivité volontaire, de projeter la lumière sur les éléments « affectifs » et intellectuels, antécédents manifestes de la décision ? n'est-ce pas risquer de fausser la vue des choses que de laisser dans l'ombre les éléments proprement actifs qui doivent intervenir dans l exécuHon ? Le mouve-