‹ Psychologie de la volonteChapitre 20 sur 55 · Ibid., p. 15 sq · texte numérisé non relu

Ibid., p. 15 sq

écrit M. Pillsbury, les images de la pendule rappelées à la conscience se présentent avant que le mouvement ne commence, et il y a un intervalle considérable entre l'instant où les yeux sont fixés sur la pendule sans adaptation complète et celui où rimage est assez nette pour que l'on ait connaissance de l'heure. Tous ces mouvements ne sont que les réflexes de l'attention. » Dès lors, il ne faut pas voir en principe dans l'attitude attentive une disposition mentale que des excitations, par l'intermédiaire de contractions musculaires, réalisent automatiquement ; il faut y voir au contraire un acte du sujet qui s'efforce de rendre plus lumineux dans sa conscience les états qui Vintéressenl le plus à un moment donné ; de même que l'activité volontaire est la forme supérieure et achevée de l'activité consciente, de même l'attention volontaire est le type même de cette sélection spontanée des phénomènes psychiques que nous appelons l'attention.

Nous n'avons pu parler des éléments psychologiques essentiels de l'activité volontaire sans donner en passant quelques aperçus rapides sur ses conditions biologiques. Nous allons essayer d'en donner une vue d'ensemble, sans entrer cependant dans le détail du sujet.

6ï PSYCHOLOGIE DE LA VOLONTE

L'anatomie de la volonté est assez mal connue. L'incitation volontaire, écrit M. Piibot^, «part des régions dites motrices de la couche corticale (région pariéto-frontale), suit le faisceau pyramidal, nommé volontaire par quelques auteurs. Ce faisceau, qui consiste dans le groupement de toutes les fibres partant des circonvolutions motrices, descend à travers le centre ovale, forme une petite partie de la capsule interne qui, on le sait, pénètre dans le corps strié « comme un coin dans un morceau de bois » . Le faisceau suit le pédoncule cérébral et le bulbe, où il subit une décussation plus ou moins complète, et passe du côté opposé de la moelle épinière, constituant ainsi une grande commissure entre les circonvolutions motrices et la substance grise de la moelle, d'où sortent les nerfs moteurs. » Seulement, quelle est la nature des centres cérébraux d'où provient l'incitation ? Sont-ils réellement moteurs eux-mêmes, ou bien stimulent-ils seulement les véritables appareilsmoteurs ? Les opinions diffèrent sur ce point. En l'absence de toute preuve certaine qui nous permette d'affirmer dans un sens ou dans l'autre, nous serions plutôt disposé à admettre sous réserves la seconde alternative. Nous pensons d'ailleurs que l'activité volontaire intéresse un trop grand nombre d'éléments de la vie psychique pour qu'on ait chance de découvrir un centre spécial de la vo-

Page 1