‹ Psychologie de la volonteChapitre 32 sur 55 · Cf. p · texte numérisé non relu

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Après ces effets particuliers et, pour ainsi dire localisés des émotions, nous mentionnerons leurs effets généraux sur notre activité. Les unes auxquelles on a donné le nom d'émotions sthéniques (par exemple la colère et les plaisirs de toute espèce) excitent d'ordinaire nos fonctions principales, physiologiques et psychologiques; les autres (ce sont en général les douleurs de toute sorte), dites émotions déprimantes, paralysent ces mêmes fonctions. Certains faits semblent en désaccord avec cette loi : une souffrance modérée, nous venons de le voir, peut être stimulante; un plaisir très vif peut être paralysant. }.Iais la loi n'en subsiste pas moins. D'ailleurs l'influence excitante d'une douleur est très bornée; et un plaisir ne peut guère être déprimant qu'indirectement, en absorbant notre attention.

Il faut considérer ici tout spécialement l'action variable des sentiments sur notre attention, étant donnée la participation très grande de cette fonction à l'activité volontaire. Il n'est pas douteux que la prédominance des passions dans la vie mentale aboutit souvent à l'impuissance de la pensée. La psychiatrie moderne l'a montré. Cette prédominance constitue finalement une sorte de folie affective, d'où résultent des conditions cérébrales anor-

l'aspect émotionnel de l'activité volontaire 113

maies. Il va sans dire que dans ces conditions la fonction volitionnello est une des premières à soml3rer étant une des plus délicates. Nous devenons, des « émotifs » et des « faibles ». Les faihles, écrit M. Grasset ^ sont des « sujets à grosse influence polygonale -, se laissant gouverner piir leurs instincts et leurs passions » ; de là une volonté fluctuante et capricieuse. L'émotivité, écrit M. Pierre Janet"^, « n'est que la tendance à remplacer les opérations supérieures d'adaptation, devenues impossibles, par l'exagération dos opérations inférieures et surtout par de grossières agitations viscérales ». M. Nayrac'% d'accord avec les précédents, remarque que le sentiment dissocie et affaiblit l'attention volontaire. « L'individu, ditil, ne peut être réellement attentif dans la joie ni dans la tristesse, parce que l'état de parfaite attention implique finalement l'absence de tout élément affectif. Le sentiment n'a d'influence qu'au début de l'acte d'attention et seulement comme stimulant de cet acte » ; il a ne saurait durer sans atteindre gravement le libre jeu de l'attention ». ]\L Nayrac exagère peut-être un peu : il est des sentiments qui ne gênent guère la concentration de la pensée, qui semblent la favoriser au con-

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