LAlienlion, pp. 82-83 (Paris. F. Alcan
EuG. Martin. 8
traire : tel est le plaisir élevé que procure la découverte du vrai, du beau ou du bien, ou celle des moyens de secourir une personne malade. Certains sentiments violents, comme la colère ou la jalousie, ne sont-ils pas même capables lorsqu'ils se déchaînent, d'obliger l'esprit à un travail attentif d'une intensité parfois extraordinaire ?
A vrai dire, il faut dissiper ici une équivoque. On confond trop souvent l'influence des sentiments avec celle des tendances. Celles-ci sont les vrais ressorts de notre activité, intellectuelle et autre, et il serait absurde de soutenir qu'elles lui sont nuisibles d'une manière générale : disons seulement qu'elles doivent être réglées. Quant aux sentiments, tout différent est leur rôle : il résulte de ce que nous avons dit de leurs effets généraux : tantôt ce sont des excitants, tantôt ce sont des déprimants.
Une loi que nous avons déjà étudiée vient compliquer leur jeu; celle de l'inhibition. Nos tendances ne sont pas les seules, en effet, à s'arrêter mutuellement ; nos émotions aussi ont, suivant la remarque de W- James ^, des « effets mutuellement inhibitifs : les plus hautes détruisent les émotions inférieures ou bien elles sont elles-mêmes expulsées. Par tous ces processus, la vie se fait plus prudente et morale » .
W. James reconnaît ainsi, à ce qu'il semble, que l'évolution de la volonté s'explique en partie par