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traîner, qu'il évite ou repousse au contraire tous ceux qui l'en détourneraient.
Notre volonté est exercée d'une façon très inégale et souvent très défectueuse dans les divers milieux où nous nous trouvons placés au cours de notre existence, je veux dire dans la famille, à l'école et dans la société. Il est à remarquer que les enfants qui appartiennent à des familles pauvres ont en général plus d'ardeur que les autres pour le travail. C'est que chez eux chacun a sa tâche, à laquelle il s'applique vigoureusement. Leurs parents exigent avec plus de sévérité que les autres qu'ils fassent effort, et ils savent qu'ils devront surtout compter sur eux-mêmes pour se créer une situation. Les enfants riches sentent toujours auprès d'eux le soutien de la fortune; ils sont d'habitude tenus plus mollement, parce que l'on pense qu' « ils auront toujours les moyens de se tirer d'affaire » ; ils ont d'ailleurs plus de bien-être et une vie plus délicate et plus amollissante. Riches ou pauvres, mais surtout les riches, les parents se plaisent souvent à garder les jeunes gens près d'eux, dans la douceur des affections familiales, à les laisser, le plus possible, dans le nid de leurs premières années. C'est leur ménager moins d'occasions d'exercer leur volonté. Ceux qui, selon la méthode « anglaise », envoient leurs fils, tout jeunes encore, chercher fortune loin du foyer, leur préparent à ce point de vue des conditions plus favorables. A l'école, les jeunes gens trouvent d'or-
l'action de la volonté sur la volonté H3
dinaire une existence plus virile. Toutefois Técole n'évite pas touiours plusieurs défauts assez graves, celui d'une réglementation excessive, celui d'une discipline trop douce, enfin celui d'une instruction trop facile. Lorsque les enfants sont insuffisamment « tenus » et dirigés, ils risquent davantage de prendre de mauvaises habitudes : d'autre part, une réglementation exagérée ne laisse pas assez de place à leur initiative. « Les Latins ne possèdent que très peu d'initiative, écrit le docteur Le Bon^, et nous leur imposons un régime de surveillance permanente, de vie réglée, de devoirs à heures fixeS;, qui ne leur laisse pas, dans leur sept à huit ans de vie scolaire, une seule minute où ils aient à prendre la plus modeste décicision, la plus modeste initiative. Gomment auraient-ils appris à se gouverner, puisqu'ils ne sont pas sortis sans maîtres un seul jour? » La discipline scolaire était très rude il y a quelques années ; elle devait souvent par sa dureté attrister l'enfant et lui enlever de son entrain. Par contre, aujourd'hui, dans le but très louable et très légitime de respecter le développement naturel des caractères, on l'a adoucie singulièrement; on l'a rendue «paternelle », pour employer une expression courante, qui est une trouvaille ! Cette discipline nouvelle, respectueuse à l'égard des jeunes personnalités, l'est peut-être trop, parfois, à l'égard des jeunes paresses.