Psychel. de rédacal., p
L'instruction, grâce au perfectionnement inouî des méthodes, est devenue beaucoup plus aisée pour les élèves : seulement elle diminue souvent, à ce qu'il semble, la somme d'efforts que les élèves doivent fournir. Les maîtres, à la manière des oiseaux qui tendent la « becquée » à leurs petits, leur présentent une nourriture toute triturée et prête à être avalée. Cette méthode, bonne pour les oiseaux qui viennent de naître, ne l'est déjà plus après quelques mois. A plus forte raison ne l'estelle pas pour nos enfants, lorsqu'ils sont assis sur les bancs de l'école. De même que Ton rend l'estomac « paresseux » en abusant des boissons digestives, l'on fait tort à l'esprit en lui venant trop en aide. i\Iadame de Staël * reconnaissait cette vérité, lorsqu'elle se déclarait contraire à une éducation trop <( attrayante ». « L'éducation faite en s'amusant, écrivait-elle, disperse la pensée; la peine en tout genre est un des grands secrets de la nature : l'esprit de l'enfant doit s'accoutumer aux efforts de l'étude, comme notre âme à la souffrance. » « Loin de lui épargner l'effort, dit aussi Mme Necker de Saussure, il faut le lui demander en le proportionnant à ses forces. La route vaut mieux pour lui que le but, et une application sans résultat lui serait mille fois plus utile (fuc le résultat sans application. » Voilà donc deux femmes de bon sens, que leur tendresse naturelle pour les