‹ Psychologie de la volonteChapitre 46 sur 55 · Cf. pp · texte numérisé non relu

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Les émoiions, comme l'on sait, jouent un double rôle dans l'activité volontaire. D'abord, selon qu'elles sont fréquentes et vives, ou au contraire rares et décolorées, elles favorisent ou non les tendances qui en sont la source. Ensuite, qu'elles soient agréables ou pénibles, elles sont de toute manière soit excitantes soit déprimantes. Une émotion déprimante, cela va de soi, est en général nuisible; mais une émotion excitante n'est ellemême utile que dans certaines conditions ; par exemple, une douleur nous excitera utilement à fuir l'objet qui l'aura causée; un plaisir nous laissera un souvenir agréable qui nous fera rechercher dans la suite Tobjet qui l'aura provoqué; en outre un plaisir, pourvu qu'il soit très modéré, stimulera notre activité générale et la rendra momentanément plus rapide et plus productrice, plus fatigante aussi, il est vrai, car tout travail accompli avec l'aide d'un excitant, naturel ou artificiel, est caractérisé par une accélération de la fatigue. En dehors des cas précédents les émotions excitantes sont en général plus ou moins nuisibles : elles tondent à distraire l'esprit et à le troubler, d'autant plus qu'elles ont une plus grande vivacité. Or nous pouvons modifier nos dispositions affectives et celles des autres, non seulement d'une façon

temporaire, mais encore d'une façon durable, puisque nous pouvons faire en sorte qu'elles soient plus ou moins reproduites ; les sentiments, en effet, à condition que l'attention s'y fixe à chaque répétition, sont soumis comme les autres faits psychiques à la loi de l'entraînement ^

Pour favoriser ou combattre une émotion nous disposons d'abord de certains moyens qui relèvent de la thérapeutique : je veux parler des excitants et calmants du système nerveux. Les artistes ont souvent recours, par exemple, au café, au thé, au tabac, aux spiritueux, pour donner plus d'intensité à leurs sentiments, en même temps que plus d'envolée à leur imagination ; nul d'entre eux ne voudrait, au moment de la composition, absorber du bromure de potassium ou du sulfonal. Mais ces divers produits ont une efficacité très restreinte et il n'est guère possible de dire s'ils ont ou non une action persistante sur nos émotions.

Plus intéressante est celle des mouvements musculaires qui sont la conséquence et comme la traduction de certains sentiments, et qui, à cause des liens d'association qui les rattachent à ceux-ci, ont la propriété de les éveiller. .M. Payot* rappelle avec raison que, dans le sommeil hypnotique, l'attitude correspondant à une émotion est souveraine pour évoquer celle-ci. Mais même à l'état de veille.

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