‹ Psychologie de la volonteChapitre 6 sur 55 · Cf. p · texte numérisé non relu

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elle peut être aussi fixée à une date plus ou moins ultérieure. Que se passe-t-il donc dans la conscience de l'exécuteur lorsque la date est arrivée ? Des circonstances extérieures, dont l'idée était liée à celle de l'exécution de l'acte, éveillent cette dernière : celle-ci réapparaît alors sous des couleurs variables. Dans le cas de la suggestion, elle est accompagnée d'une impulsion très forte et incompréhensible pour le sujet, à laquelle se joint parfois, sans doute, l'idée d'une obligation. M. à qui l'on a suggéré un jour de se trouver le lendemain à une heure de l'après-midi dans tel café de Toulouse, d'y demander un bock de bière et de le boire, s'y dirige lorsque l'heure est venue, et demande la bière ; il essaie de résister, de ne pas boire : mais sa main tremble; il ne peut pas, il boit. (( C'était plus fort que moi », dit-il ensuite à ceux qui l'interrogent sur ce qu'il a éprouvé. <( Quelque chose me disait qu'il fallait le faire ». Dans le cas du simple commandement volontairement accepté, la détermination doit être prise en général au moment de la réception de l'ordre. Dés lors, comme il arrive en général quand l'exécution d'une décision est différée, le souvenir qu'elle a été déjà prise, l'idée de l'ancien « je veux » doit ressusciter dans la conscience. Nous savons que l'affaire a déjà été réglée par nous, que nous n'avons pas besoin d'y revenir ; souvent même, nous nous disons que nous ne devons pas y r'^'^^enir, parce qu'il est toujours dangereux de

manquer d'esprit de suite et de ne pas « exécuter avec constance le parti une fois pris ^ » ou parce que nous risquerions d'être accusés par autrui et par nous-mêmes de caprice ou de versatilité. Des raisons de ce genre nous empêchent de délibérer de nouveau. Mais parfois les choses se passent plus simplement encore : l'idée de l'exécution de l'acte a été si bien associée à celle des circonstances dans lesquelles nous avions l'intention de l'exécuter que, ces circonstances se présentant, nous exécutons les mouvements presque sans réflexion.

Si diverses que puissent être les manifestations de la volonté, nous essaierons d'en déterminer les caractères généraux. On a insisté souvent sur ce fait que l'acte volontaire était conditionné par des représentations. Ce caractère ne lui est pas spécial. 11 n'appartient pas, évidemment, aux mouvements purement « spontanés » qui résultent uniquement d'un trop plein d'énergie nerv^euse ou autre qui demande à se dépenser, ni aux mouvements réflexes alors même qli'ils sont conscients ; mais il appartient aux mouvements dits « représentatifs », c'est-à-dire provoqués par des idées motrices ou « idées-forces ». J'ai songé à un mo-

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