Ibid., p
de quelqu'un ? évidemment non. D'autre part le caractère étant ce qui caractérise au point de vue moral une personne déterminée, on court le risque, en confondant le moi et le caractère, de noter plutôt dans le moi ce qui est le plus individuel, ce qui différencie les personnes les unes des autres, que ce qui chez chacune d'elles est le plus central, le plus profond et, pour ainsi dire, le plus personnel, fût-ce le plus universel et le plus général. C'est un danger qu'on n'évite guère, d'ailleurs, habituellement, alors même qu'on parle du « moi ». Et pourtant, si la psychologie a le droit de s'enquérir de ce qui distingue les « moi » les uns des autres, ne doit-elle pas plus encore se soucier de ce qui les rapproche ? Si toute science est en principe une science du général, n'est-ce pas à ce qui est le plus général qu'elle doit s'intéresser le plus ?
Vouloir, c'est donc manifester sa personnalité profonde dans un mouvement ou un système de mouvements. C'est encore se décider, c'est-à-dire choisir pour agir K Un des traits les plus saillants du « fiât volitionnel », c'est assurément qu'il paraît procéder d'un clioix libre, surs^enant à un moment déterminé, moment qui souvent nous sert de point de repère dans le temps. C'est, dit W. James, « comme une lame de couteau qui sépare tout le passé de tout l'avenir-. » Ce choix est