Critique Phil., 1880, t. II
accompagné du sentiment d'un effort personnel. M. Ribot ne trouve dans la volition qu'une simple constatation *, un jugement « je veux » qui enregistre la clôture d'un débat, et la conscience de contractions musculaires déjà réalisées. Fouilléepensait aussi que cette sensation d'un effort n'était qu'une « réponse des organes » . Cette opinion nous semble difficile à admettre. Ce sentiment particulier d'une énergie qui se déploie est d'ailleurs antérieur à la réalisation musculaire de l'acte et n'accompagne pas les actions involontaires.
Il faut ajouter enfin que le vouloir est ailenlif et réfléchi. Il consiste à faire attention et à réfléchir pour agir. Nul n'est reconnu responsable, moralement, d'un acte inconsidéré, ni d'un acte accompli sous l'empire d'une impulsion irrésistible. Condillac lui-même, qui, soutenant une théorie trop superficielle et simpliste, ne voyait dans la volition qu'un désir prédominant, la qualifiait néanmoins de « désir réfléchi » .
Jusqu'ici nous avons cherché à esquisser la physionomie, les traits généraux et les formes particulières de la volition ; il nous reste à montrer