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(Henri IV), la débauche (Henri V), l’imbécillité (Henri VD, la folie (Henri IV et Henri VI), la mort prématurée et, enfin, la stérilité. La maison d’York s'éteint dans le crime et, chez elle, la personnalité de Richard III, bossu, boiteux et paralysé d’un bras indique nettement le caractère névropathique de la scélératesse des Yorks. La dynastie des Tudors qui ne se rattache que de loin par les femmes à la famille royale des Plantagenets est, cependant à peine montée au trône, durement frappée dès la première génération : je parle de Henri VIII, ce personnage cruel, sanguinaire, lascif, dévot, cupide, entêté et versatile qui se maria six fois, fit décapiter deux de ses femmes pour en épouser d’autres et n'eut, cependant, que trois enfants qui ne purent continuer la dynastie. Les Stuarts montent enfin sur le trône et ne sont pas plus heureux que les précédents: une fille de cette maison porte la dégénérescence dans la maison d'Orange.
La maison d'Autriche nous offre encore un curieux exemple. Charles-Quint, certes, fut un grand homme ; malgré sa juste renommée, il était bègue, épileptique. Tant de grandeur n’excluait donc pas un commencement de dégénérescence ; mais c’est surtout chez son fils qu’elle se manifeste, le roi Philippe II. Philippe II et Charles IF, les derniers représentants de la race, sans vigueur, sans intelligence, sans courage, s’éteignent dans l'oubli et dans la décrépitude en pleine jeunesse. L'Espagne, à bout de rois, s'adresse alors à la France qui lui envoie un rejeton dégénéré de Louis XIV, indolent, apathique, à demi imbécile, qui aima ses femmes d’un amour acharné et bestial, sa dévotion excessive lui défendant les maîtresses.
Mais la stérilité, la dégénérescence, l'extinction de la
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race ne constituent pas un avenir uniquement réservé aux dynasties souveraines. Toutes les classes privilégiées partagent le même sort. Elles sont constamment en voie de dégénérescence, et les aristocraties de tous les pays, de tous les âges ne se maintiennent que par l’anoblissement des roturiers. À Rome, les familles patriciennes disparaissaient avec une rapidité décourageante, malgré les lois sévères d’Auguste contre les célibataires et les privilèges accordés aux pères de familles par ses successeurs. Mais la roture elle-même de Rome constituait encore une vaste aristocratie dans le grand Empire : or, cette plèbe diminuait de jour en jour et Rome et l'Italie se peuplaient de plus en plus d'étrangers; un jour vint où les Gaulois eurent leurs représentants au Sénat. Des Barbares portaient la toge.
« Les Spartiates n’étaient pas un peuple: c'était la classe privilégiée, la noblesse de la Laconie. Après Lycurgue, neuf mille Spartiates prenaient part aux Syssities; ils étaient huit mille en 480, six mille en 420, deux mille après Leucrès en 371, mille au temps d’Aristote; et sous Agis IV, en 230, iln’en restait que sept cents, dont cent seulement pouvaient prendre part aux tables communes; et du temps de Xénophon, sur quatre mille personnes assemblées sur la place publique, il n’y avait que quarante Spartiates, les deux rois, les éphores et le sénat compris (1). »
On a dit que si les dynasties et les aristocraties dégénéraient, C'était l’alcoolisine et la débauche qu’il fallait incriminer. Mais pourquoi les aristocraties seraient-elles
(2) P. Jacost : Etude sur la sélection dans ses rapports avec l’hérédité chez l’homme, Paris, 1881.
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plus prédisposées à ces excès ? Parce qu’elles peuvent se les procurer plus facilement. Non. L’ivrognerie et la débauche sont à la portée de toutes les bourses ; et si l’aristocratie anglaise boit beaucoup et dégénère, les misérables populations irlandaises boivent peut-être plus, et cependant pullulent comme des lapins. Donc, si les excès ne sont pas plus grands chez les privilégiés que chez les misérables, et si les uns dégénèrent et pas les autres, il faut admettre que la vitalité des premiers est plus faible. L’aristocratie anglaise abuse des plaisirs de la table et elle s'éteint, mais la noblesse italienne généralement sobre s'éteint également; la noblesse romaine s’éteignait dès ses premiers âges, malgré ses vertus domestiques; les pairs de Sparte menaient une vie chaste, sobre et simple, et cependant s’éteignaient avec une effroyable rapidité. On a parlé aussi des mariages consanguins. Or, ces mariages ne sont pas plus fréquents dans l'aristocratie que dans les autres classes de la société. À Rome, où ces unions étaient quelque chose d’inouï, l'aristocratie s’éteignait régulièrement et rapidement,
(La dégénérescence et lastérilité qui n’est qu’une de ses manisfestations, l'extinction des races privilégiées ne sont que le résultat immédiat et direct de leur position exclusive, en vertu de laquelle ces familles s'unissent entre elles, et, sans faire précisément des mariages consanguins, choisissent les conjoints toujours dans le même milieu social, élevés identiquement, ayant subiles mêmes influences, vivant de la même vie, coulés dans le même moule : ce qui fait que l'élément névropathique, né sous l'influence de troubles fonctionnels de la vie intellectuelle et affective, se développe avec une grande rapidité et ar-