F7 TE
Magnan (1) et Gley (2) ont parlé de cerveau féminin. Une autopsie négative de Krafft-Ebing et les recherches de Reckhinghausen permettent de repousser cette théorie. Quel est donc le siège précis de l’inversion sexuelle ? On suppose que, dans l'écorce cérébrale, il existe des cellules ganglionnaires, jouant un rôle considérable dans les sensations sexuelles, sans qu’on puisse rien dire de précis sur leur siège, Kraffi-Ebing (3) croit que la sphère génitale se trouve dans l’écorce aux environs de la sphère olfactive ; or,d’après Férrier (4), le centreolfactifse trouve dans le gyrus uncinatus ; d’après Zuckerkaude (5) dans la corne d’'Ammon,.Von Krafft-Ebing admet ce voisinage en se basant sur les rapports étroits qui existent entre le sens olfactif et le sens génital. Du voisinage anatomique de deux centres, on ne peut cependant pas conclure à leur parenté fonctionnelle.
La localisation de l’inversion sexuelle est donc impos sible ; mais, il reste acquis que cette inversion procède d’un trouble psychique. Or, ce trouble psychique peut parfaitement être ou bien congénital ou survenir à la suite d’une cause fortuite telle qu’un violent chagrin, ou la perturbation morale apportée par l’éclosion de la syphilis. On peut perdre complètement la raison à la suite d’une forte émotion; or ne peut-on pas supposer un ébranlement cellulaire partiel, spécialement localisé à ce
(1) MaGnax ; Recherches sur les centres nerveux. Pathologie et psychologie pathologique, Paris, 1881.
(2) GLey : Gongrès internat. de psych. physiol. Paris, 1889.
(3) Von Krarrr-EinG : Psychopathia seæualis. Traduction : Laurent et Sigismond Csapo.
(4) Fennrer : De la Localisation des maladies cérébrales, Paris, 1880.
(5) ZucekerkauDe : Norm. und path. Anat. Nasenhohle und ihrer pneumatischen Anhange, Wien, 1882.
Mans.
40 es
centre probable de la sexualité, amenant l’inversion. Ce ne sontlà que des hypothèses, je le sais, mais les hypothèses ne servent-elles pas à l’édification de la vérité ?
L'inversion sexuelle étant un signe de violente perturbation psychique et se rencontrant assez fréquemment chez des vieillards déments ou paralytiques généraux, Schopenhauer (1) en conclut qu’elle n’a que des avantages. À ces malades la nature a donné des penchants non pour la femme mais pour l’homme, afin de s’opposer à la dégénérescence physique du genre humain. Si Henri III n’avait pas êté pédéraste quel héritier nous eût-il laissé ? La pérérastie de Henri IIT nous a valu Henri IV ; s’en plaindrat-on ?
L’inversion sexuelle ne fut pas la seule manifestation de la dégénérescence de Henri III. Comme chez tous les membres de sa famille, l’idiotie morale était chez lui fort accentuée. Sa méchanceté était très grande et sa cruauté farouche s’exerca plusieurs fois même envers des femmes. Madame de Villequier et la dame de Montsoreau furent de ses victimes. Quoiqu'il fût inverti, sa méchanceté raffinée lui fit, un jour, vaincre ses répugnances hétérosexuelles. Il viola Catherine de la Trémouille, seconde femme du prince de Condé, pour se venger du mari. Non content de cet ignoble forfait, il livra la malheureuse femme à ses mignons, la prostitua à ses valets.
Malgré sa décadence, Henri II reste, à coup sûr, le meilleur des Valois. « S'il est impossible de laver sa mémoire des souillures qui la déshonorent, on peut affir-
(4, ScuopenaauEer (Arthur): Die Welt als Wille und Vorstellung, Leipzig, 1859. Traduction Cantacuzène.