‹ Psychologie des grands calculateurs et joueurs d'échecsChapitre 25 sur 54 · Voir surtout Flournoy, Syno/isius, Genève · texte numérisé non relu

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Fig. 2. — Schème numéral de M. Diamandi.

Ile PSYCHOLOGIE DES G11ANDS CALCULATEUHS.

pour d’autres, ils sont enfermés dans des cases ou des figures plus compliquées.

Nous donnons ci-dessus le schème numéral de M. Diarnandi. C’est un schème zigzagué qui ne présente aucune particularité remarquable; en le comparant aux statistiques qui ont été publiées par les auteurs sur ces questions, on constate qu’il fait partie du genre le plus commun; il offre les caractères suivants, qui sont usuels : direction de gauche à droite; lignes brisées; espace relativement plus considérable occupé par les premiers chiffres de la série. Ajoutons que la localisation de ce schème se fait à gauche, dans la tète *.

Ce qui est plus curieux, c’est que ce premier schème est localisé dans un second schème qui lui sert de cadre.

Cette bizarrerie d’images mentales n’a peut-être pas encore été signalée jusqu’ici; essayons de nous faire bien comprendre. M. Diarnandi nous assure que, toutes les fois qu’il pense visuellement à un objet, il le voit apparaître au centre d’une figure complexe, qui reste constamment la même, quel que soit l’objet pensé. Cette figure (voir fig. 3), qu’il a dessinée avec soin, est formée de plusieurs masses de couleur grisâtre, qui entourent un espace vide; c’est dans cet espace qu’apparaît la figure de l’objet pensé, chien, maison, ami, etc. Quand M. Diarnandi pense à un chiffre, il le voit également dans cette sorte de scène de théâtre;

1. Cette question de la projection externe des images est encore ; obscure et peu étudiée. Nous aurons l’occasion d’y revenir à propos des joueurs d'échecs.

M. DIAMANDI, CALCULATEUIt MENTAL.

et s’il pense à la série naturelle fies chiffres, il la voit en raccourci ou il n’en voit qu’un fragment.

A peine est-il besoin d’ajouter que nous ne nous portons nullement garant de ces apparences subjectives; nous nous contentons de les noter. On saura un jour ce que tout cela signifie.

Fig. 3. — Schème encadrent de M. Dinmnndi.

M. Diamandi a également de l’audition colorée pour les jours de la semaine.

Voici les couleurs indiquées :

Dimanche : blanc et gris;

Lundi : marron clair;

Mercredi : blanc et noir;

Jeudi : rouge café;

Vendredi : blanc et noir;

Samedi : rouge café.

A deux reprises, nous lui avons demandé sa liste de couleurs et ses réponses ont été concordantes. Les noms ont aussi des couleurs : Inaudi, bleu; Charcot, blanc luisant,; psychologie, noir, etc. *.

Donnons maintenant quelques détails sur les images visuelles dont se sert M. Diamandi. Tout ce qui suit, comme tout ce qui précède, repose sur son témoignage, uniquement. Nous exposerons dans le chapitre suivant le résultat de nos expériences.

D’après son témoignage, les chiffres lui apparaissent écrits, dans sa mémoire, non pas tels qu’ils ont été tracés sur le papier par l’expérimentateur, mais avec les caractères de sa propre écriture; les 4 et les 5, notamment, ont la forme particulière qu’il a l’habitude de leur donner. Quand les chiffres lui ont été montrés sur un tableau noir, ils apparaissent dans sa mémoire écrits en blanc sur fond noir. Si quelques-uns de ces chiffres sont écrits en couleur, cette couleur pour chaque chiffre reste apparente dans sa vision intérieure ; ainsi, dans une expérience où on lui a fait apprendre un tableau carré composé de cinq rangées de cinq chiffres, il a pu indiquer sans difficulté la place et les noms de six chiffres dessinés en rouge.

La première fois que nous avons vu M. Diamandi, il nous a présenté une grande feuille de papier sur laquelle il avait écrit régulièrement 2000 chiffres distribués sur 40 lignes de 25 chiffres chacune. M. Dia-

1. Nous savons par expérience que ces colorations de mots paraissent bien bizarres aux personnes qui n’ont point d’audition colorée. Nous renvoyons, pour ce qui concerne 1 étude de la question, aux mémoires spéciaux.

M. DIAMANDI, CALCULATEUR MENTAL.

mandi nous a appris qu’il pouvait, ayant appris ce tableau par cœur, indiquer n’importe quel chiffre à volonté. Nous reviendrons bientôt sur cette expérience, pour faire comprendre qu’elle est sujette à critique. Pour le moment, nous n’en prenons qu’un point particulier. Nous demandons à M. Diamandi comment il peut visualiser le tableau entier de 2 000 chiffres, et s’il les voit nettement tous à la fois. Sa réponse est curieuse. Quand il pense à son tableau, il ne voit pas distinctement tous les chiffres qui le composent, mais il voit comme un nuage grisâtre; il faut qu’il fasse un effort d’attention pour regarder un point de son tableau, et alors les chiffres situés en ce point se dégagent du nuage et apparaissent nettement.

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