PSYCHOLOGIE COMPARÉE. XIII
qu'avons-nous besoin d'en dire? Les descriptions de leurs industries, de leurs arts, de leurs familles, de leurs cités, de leurs gouvernements, de leurs migrations, de leurs colonies, de leurs révolutions et de leurs guerres, remplissent les livres mêmes de nos enfants. Dans les familles animales, on a compté les faits de monogamie et de polygamie; on a vu que certaines espèces en avaient réduit d'autres en esclavage ; on a constaté que quelques-unes vivent en république , mais que plusieurs de ces républiques aiment Tautorité et se laissent conduire par un chef auquel tous obéissent très docilement.
A ces ressemblances superficielles et tout apparentes, les recherches scientifiques en ont successivement ajouté beaucoup d'autres. Les études des aliénistes ont fait trouver entre la folie et Tétat sain des degrés qui ont paru les rejoindre insensiblement l'une à l'autre. Le sommeil, profondément analysé, a laissé voir une aliénation courte et périodique qui a permis de mieux comprendre, à l'aide d'analogies nombreuses, les caractères de l'aliénation proprement dite. L'obstination tenace, l'espèce de logique désespérée avec laquelle le maniaque, sur une ou deux fausses sensations, organise tout le système de son délire, c'est encore de la raison. L'action que les hallucinations des sens exercent sur les sentiments, les volontés, les sensations du fou, n'est qu'un cas particulier de l'influence de l'imagination sur toutes les facultés de l'être sentant. Dans l'état de santé, les imaginations, excitées par les sensations réelles, répondent à l'appel de ces dernières avec une vivacité qui varie selon les organisations, selon les sexes et les âges, selon la passion du moment. Il faut imaginer fortement pour sentir fortement; sinon, la sensation expire avec promptitude, ne laissant aucune trace d'elle-même, ne se prolongeant ni ne se multipliant; elle demeure ce