XII PSYCHOLOGIE COMPARÉE
se sont portés depuis lors sur riniiDiment petit; le microscope a tout décomposé, dans la pensée comme dans la matière, et c'est dans Taccumulation et le groupement spontané d'innombrables mouvements élémentaires qu'on se flatte de trouver aujourd'hui le secret de toute existence.
Chercher ces faits élémentaires, les distinguer, les analyser dans leurs parties les plus ténues, les placer les uns à côté des autres, c'est là très certainement une œuvre utile, intéressante, dont je n'ai nullement l'intention de médire, à laquelle même je demande à coopérer dans la iriesure de mes forces. Le service qu'elle nous rend, c'est de nous montrer les ressemblances; le péril auquel elle nous expose, c'est de trop isoler ces dernières, de les mettre trop exclusivement en relief, par conséquent de les exagérer. Mais ceci vaut la peine d'être plus amplement démontré.
Parmi les ressemblances partielles qui nous font rapprocher les uns des autres les différents objets de la psychologie comparée, il en est qui se découvrent bien aisément.
Les grands hommes sont remplis de bizarreries et de faiblesses, w Si, comme dit Pascal, ils ont la tête plus haute que nous, ils ont les pieds aussi bas que les nôtres ; ils y sont tous au même niveau et s'appuient sur la même terre; et par cette extrémité ils sont aussi abaissés que nous, que les plus petits, que les enfants, que les bêtes. » Le maniaque raisonne à outrance, et l'homme le plus sage fait à chaque instant des folies. L'homme civilisé a dû rougir plus d'une fois des exemples de constance et de fidélité que lui donnaient des sauvages, du dévouement naïf du nègre ou de la sévère loyauté du Peau- Rouge. Les poètes satiriques de tous les temps ont trouvé, même avant les naturalistes, que nous pouvions recevoir des bêtes plus d'une leçon. De ces dernières,