XXIV PSYCHOLOGIE COMPARÉE
ce que la plupart admettaient sans peine. Mais enfla c'étaient toujours les individus qui, Tun plus, l'autre moins, venaient former par leUr travail et leurs apports ce capital puissant. Les mots de conscience populaire, d'âme de la nation, restaient des métaphores parfaitement justifiées, claires pour tout le monde, mais cependant de pures métaphores.
n semble que depuis quelque temps la scolastique se venge des dédains excessifs dont elle a souffert. A l'exemple de Guillaume de Ghampeaux faisant des genres les seules réalités de l'univers, et de Duns Scott érigeant Yhœccéité en.une existence positive, on veut aujourd'hui que la société soit plus réelle que l'individu : « L'individu, dit-on, est l'œuvre plus que l'auteur de la société », car c'est d'elle qu'il reçoit toutes les impulsions ou organiques ou psychologiques qui entretiennent sa double vie. Que si vous résistez, que si vous en appelez au sentiment net que vous croyez avoir de votre existence personnelle et des droits qu'elle vous confère, on vous répondra que vous avez bien tort de ne pas proclamer avec enthousiasme la réalité du tout social, parce qu'en la refusant, vous compromettez de la manière la plus grave votre propre personnalité : celle-ci, en effet, n'est elle-même qu'une simple collection. Vous demanderez sans doute de quoi est formée cette collection, et vous croirez qu'on devra vous faire enfin toucher du doigt des individualités véritables, formant le tout par leur réunion, comme par les unités se forme un nombre. Détrompez-vous ! On vous dit bien que les organes élémentaires ou organites qui se suffisent à eux-mêmes pour l'accomplissement des fonctions vitales essentielles constituent les seuls individus organiques, et que le reste est affaire d'accumulation et de groupement; mais on ne vous laisse pas longtemps ignorer que le fonctionnement de ces existences individuelles se ramène trop aisément au