‹ Psychologie des grands hommesChapitre 18 sur 98 · Alfred Espinas, les Sociéiéa animales · texte numérisé non relu

Alfred Espinas, les Sociéiéa animales

PSYCHOLOGIE COMPARÉF. XXVII

Vous venez d^entendre toat à Theure qu'une même psychologie fait de l'individu une société, et de la société un individu, ne voyant dans Thomme que la multiplicité de ses éléments, transformant au contraire en unité réelle Taccord et Tharmonie qui régnent quelquefois dans un État. Ailleurs vous lirez que le fou ou le criminel ne font qu'un ; mais dans Tentité qu'on forge ainsi avec deux variétés différentes, les uns voient surtout le désordre involontaire, les autres le désordre coupable et méritant d'être châtié. Qu'arrive-t-i] alors? Que dans certaines discussions entre aliénistes de même école, les uns veulent absoudre tout le monde et supprimer toute pénalité, tandis que les autres veulent envelopper le fou et le malade dans la même réprobation que le criminel, et qu'ils demandent à la société de se débarrasser des uns et des autres, comme entravant également l'évolution régulière de l'humanité. Ici, vous voyez que l'homme, réduit au rang d'un animal, est dépouillé du libre arbi* tre, que le raisonnement n'est plus chez lui qu'une suite de consécutions ou d'inférences instinctives enchaînées par l'habitude; là, vous entendez parler des réflexions, de la liberté morale, de l'éducation progressive des animaux ; ou bien vous apprenez que si la morale humaine a pu enfin trouver un fondement solide, c'est que l'unité absolue de la loi d'évolution commande à notre espèce de développer en elle les vertus qui, chez les singes, les chats ou les serins, maintiennent la cohésion de la société domestique ou assurent la puissance continue de la peu-* plade. On met enfin la conscience partout, mais on la subdivise, on la fragmente, on l'émiette indéfiniment; d'autre part, on fait de la toute-puissance infmie qui meut le monde une puissance aveugle, inconsciente. Elle est toute-puissante, et pourtant elle s'ignore; elle s'ignore et pourtant elle est méchante ; c'est une Providence qui fait tout pour le plus mal, qui se comporte, quoique

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