‹ Psychologie des grands hommesChapitre 23 sur 98 · XXXII PSYCHOLOGIE COMPARÉE · texte numérisé non relu

XXXII PSYCHOLOGIE COMPARÉE

renard n'imagine pas les mouvements du vautour, ni le singe ceux du lion.

Dans rhomme, toutes ces déterminations qui forment, en effet, la matière de ses divers systèmes d'habitudes sont enveloppées dans un genre de vie dont le travail réfléchi est la condition, le progrès soutenu, la loi, bref, dont l'unité vient d'ailleurs. Que les mémoires locales, que les automnésies cérébrales d'un chien s'accordent aisément d'elles-mêmes, je le conçois, puisque chez lui tout est organisé pour la chasse et adapté le plus souvent par les soins de l'homme à une chasse toute spéciale, et que, quand le vivisecteur lui coupe le nerf olfactif, il tombe tout à coup dans une stupidité complète et une incapacité absolue. Mais si je viens à l'homme, je me demande comment ces automnésies si nombreuses s'accordent; et, sans méconnaître aucunement la réalité de ces mémoires partielles et locales, tout instinctives, je maintiendrai la réalité d'une mémoire intelligente dont je vous proposerai la définition suivante : La mémoire est l'ordre établi dans les mémoires par un effort conscient et réfléchi.

De même, sans nier l'existence indépendante des organes, des cellules, des organites, leurs exigences souvent importunes, leurs habitudes, Içurs déchaînements et leurs conflits, en y cherchant même l'explication de plus d'une des maladies de l'intelligence, je maintiendrai l'existence d'une personnalité dont je dirai qu'elle apparaît tout d'abord comme l'effort suivi, quoique souvent contrarié, pour ordonner et régler, donc pour soumettre et discipliner les mille individualités de l'organisme. Un tel effort peut-il émaner ou plutôt peut-il dépendre d'un autre principe que d'un principe vraiment un? Je ne le crois pas. Mais c'est là le dernier mot de la psychologie et le point par où elle touche à la métaphysique.

Je ne veux pas oublier que de tels problèmes ne sau-

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