L'Inde
chons à Tapparition des hommes que le consentement universel qualifie de grands; mais nous n'y touchons qu'à des intervalles éloignés : l'issue par où le personnage extraordinaire a émergé s'est refermée vite et pour longtemps.
Sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres, la Chine a bien souvent excité la curiosité des historiens et des penseurs. Parmi les hommes qui ont le mieux connu cet étrange pays, il faut placer les Jésuites des Lettres édifiantes et curieuseSj dans les deux siècles précédents. L'un de ces missionnaires, le P. Parennin, s'en expliquait avec un correspondant d'Europe qui n'était autre que Dortous de Mairan, secrétaire de l'Académie des sciences *. Sur une question de Mairan, le P. Parennin démontrait que ce n'était pas la langue chinoise qui avait fait obstacle aux progrès des sciences spéculatives dans la nation de Confucius, mais que la race avait toujours répugné aux occupations « qui ne nourrissent que l'esprit ». 11 ajoutait' :
« Gomme je l'ai dit plus haut, les Chinois n'ont travaillé que pour eux seuls ; et, quoiqu'ils aient cultivé l'astronomie avant toutes les autres nations, ils ne s'y sont appliqués qu'autant qu'il était nécessaire à la fin qu'ils se proposaient. Ils continuent comme ils ont commencé ; ils iront toujours terre à terre, et il n'y a pas à espérer qu'ils prennent jamais
i. Et Pun des correspondants de Malebranche.